21 avril 2007
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« C’est bizarre , les tapettes à souris sont toujours refermées le matin , mais on a toujours pas réussi à piéger notre petite amie à moustache … »
(…)
Loin de parler d’une charmante demoiselle n’ayant pas entendu parler de la théorie de l’évolution si chère à Darwin , mes collocs faisaient allusion à une charmante souris , qui sut mettre en émoi Clément lorsqu’elle traversa sa chambre , un soir de pleine lune .
Inutile de dire que les tapettes sortirent des tiroirs plus vite qu’un Jack Lang s’exhibant sur un char en pleine Gay Pride .
Pas taper , je n’ai rien contre les homos , comme peuvent en témoigner les trop nombreux amis me rappelant très cruellement la soirée ou en pleine nuit , j’avais en dormant enroulé ma jambe autour de la taille d’un pote rugbyman .
Je regardais sans sourciller Clément et Antoine , un sourire sadique épousant leur visage au moment ou ils posaient machiavéliquement un morceau de Leerdammer sur l’ignoble piège qu’ils destinaient à notre invitée rase moquettes .
Une petite larme tenta de resta planquée dans un coin de mon œil .
(…)
Lorsque j’étais petit , au sens jeune et non pas au sens « moins d’un mètre 73,5555 » , mes parents eurent l’inconscience de m’offrir une adorable petite peluche , dont l’apparence , bien qu’elle soit affublée d’un tablier ce qui ne contribua en rien à ne pas faire de moi un macho mais la n’est pas le sujet , évoquait très vaguement celle d’une souris .
Cette peluche , j’en ai des souvenirs émus . Par exemple , elle m’évoque la première fois de ma vie ou j’ai vu une paire de fesses de filles . Je devais avoir 7 ans , j’étais en colonie au ski , et probablement parce que cette vision m’avait troublé (« mon dieu , on dirait un camembert blanc ! ») , j’avais égaré ma souris en peluche , ce qui me provoqua une crise de larmes monstrueuses quand je devais me résoudre à partir sans l’avoir retrouvée .
Je perdais déjà tout à l’époque .
Au fil des années , j’allais d’ailleurs perdre un nombre considérable de fois ma souris , mes parents devant soit très régulièrement rebrousser chemin en catastrophe pour retourner à l’hôtel ou nous avions dormis , le fait que nous ayons déjà fait 200 kilomètres n’y changeant rien , soit , au-delà d’une distance raisonnable , appeler l’hôtel qui me l’envoyait alors par colis postal , mes cris de douleur ne cessant toutefois pas avant que ma chère souris ne dorme enfin à nouveau avec moi .
S’aventurer à dire que je suis destiné à passer ma vie à dormir avec des souris serait particulièrement déplacé de votre part .
Des fois , l’ignoble se produisait . La souris disparaissait sans laisser d’adresse , et au bout de 48h de douleurs diverses et variées pour moi et les oreilles de mes infortunés parents , ces derniers prenaient la direction du magasin qui la vendait , et me ramenaient à la maison un nouvel exemplaire de la peluche , inventant une touchante histoire de fugue de ma créature .
Faites moi penser à un jour vous raconter l’histoire de l’oisillon qu’on avait recueilli , et qui un jour ou j’étais absent , avait été réclamé par ses parents pigeons venus le chercher .
J’ai enfin compris ce qui avait réellement du arriver à l’oisillon , il y’a 1 an seulement .
Fin du énième hors sujet .
Un jour , l’abominable se produisit . Après une nouvelle perte de ma peluche , ce qui m’amène au passage à penser que j’étais quand même prédestiné à perdre ma carte bleue 6 fois par an et en moyenne , le magasin qui la vendait était en rupture de stock , stocks que le chéquier de mes parents avait du probablement faire fondre comme neige au four à micro ondes .
Je viens de comprendre l’origine des ennuis financiers de mes parents à l’époque .
Zut , encore un hors sujet .
Rien . Rien , aucune levrette , aucune fellation , aucune partie de jambes en l’air sous une douche brûlante et avec un peu de Connells 74’ 75’ en fond sonore , rien ne me laissera jamais un souvenir plus impérissable que cette journée de Novembre 94 , ou alors que nos cartons étaient à peine arrivés à Toulouse , et nous avec , je trouvais en vitrine d’un magasin de peluche près de la place St Georges ma chose , mon enfance , ma créature , ma Nini .
Nota Bene : Je ne dis pas non à la douche brûlante , toutefois .
(…)
Clément et Antoine dorment du sommeil des justes , ou presque .
Je me sirote doucement un petit lait chaud dans la cuisine , tout en pensant à cette enfance , jeunesse qui finalement me manque tant , moi qui petit n’attendait qu’une chose , avoir enfin un jour « ma » carte bleue , et ne dépendre de personne pour gérer ma vie .
Je suis tellement déçu .
C’est pas si chouette , la carte bleue .
Il est tard . Demain , une nouvelle journée à la con m’attend , et je sais que les chieurs , raseurs , et autres mesquineries de la vie quotidienne tenteront en vain de venir à bout de mes dernières réticences à passer à l’age adulte .
Je pose mon verre dans le lave vaisselle , comme un grand . Je range le lait , évitant par anticipation de m’attirer le courroux de mon colloc . Terrible effort , donc .
J’éteins la lumière de la cuisine .
Non sans avoir donné un grand coup de pied dans le piège à souris , afin de laisser à ma petite amie moustachue une nuit de répit de plus . Comme la veille , d’ailleurs …
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Les Petites Histoires
21 avril 2007
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Comme cela a pu transparaître dans mes derniers écrits avec plus de visibilité qu’une explosion d’usine chimique a quelques kilomètres d’un centre ville , cela fait quelques temps que je suis perturbé par un nouveau registre de questions existentielles, qui , si elles ne sont pas aussi tordues que celles que j’avais il y’a encore peu (« Comment vais-je traverser une grille de 3 mètres de haut avec mon vélo ? ») , n’en sont pas moins insoutenables .
« Comment ais je pu passer d’une cuisine au beurre , à l’huile et la crème fraîche 100% matière grasse à une cuisine raffinée et peu calorique ? » , croyez le , ça me perturbe .
Ce qui est insupportable lorsque l’on est en couple , du moins lorsque l’on s’appelle Nico et que d’une certaine manière , l’on a appris à s’attacher à ses gaffes quotidiennes , c’est que justement , les dites gaffes , par un phénomène aussi inexpliqué qu’angoissant , s’amenuisent , devenant aussi rares qu’une idée intéressante , originale et non démagogique dans un programme de candidat à la présidentielle .
C’est dire à quel point je deviens un type banal .
(…)
Il y’a un an de cela , j’avais arrêté mon blog , que je jugeais décidément trop néfaste pour mes vains et futiles espoirs de conquêtes féminines , ce qui était un constat pas nécessairement idiot , quoique la conclusion que j’aurais pu tirer aurait plus logiquement du être « arrêter de donner l’adresse de mon blog a celle que je veux séduire » plutôt que « dégommer mon blog » .
Le Nico est excessif , c’est bien connu .
Peu réfléchi ? Aussi , oui .
Sauf que . Un beau soir de Mai , je m’étais retrouvé infortunément face à celui qui est mon poison violent , mon tortionnaire, celui dont la simple présence a toujours suffit à me rendre aussi empoté et pathétique qu’une blonde tentant d’échapper à un tueur sadique dans un teen movie américain .
Et fort logiquement donc , après cette soirée passée en compagnie de Thomas , j’avais trouvé tellement matière à déblatérer dans mon blog que j’avais repris mes navrantes élucubrations en moins de temps qu’il n’en faut à un boulimique pour vomir son quart de pomme journalier .
Pas de jugement hâtif les aminches !
… Les pommes , c’est carrément indigeste .
Vous comprendrez des lors que hier soir , et après une dizaine de jours à avoir boudé mon blog , je n’avais d’autre choix que d’accepter d’aller voir mon bourreau pour enfin , me reprendre en main , et retrouver la hargne qui me faisait défaut pour reprendre la direction de mon clavier .
Bon dieu , j’en viens à comparer Thomas à ce bon vieux général Massu , qui avait en son temps su trouver les mots juste pour remonter De Gaulle lorsque avait éclaté cette bonne vieille kermesse dite de Mai 68 …
Il est vrai que Massu n’est pas réputé pour avoir été particulièrement aussi tendre que ce niais de bibi phoque , lors de ses menues « activités » Algériennes .
(…)
Hier soir , donc .
Thomas organisait une crémaillère , ce qui promettait d’être l’occasion en or pour moi de trouver un moyen à bon compte de me rendre ridicule , devant une assemblée de témoins prête au moindre signal à se gausser bruyamment sur l’être insupportablement tragique que je suis .
Ca partait bien , je dois dire . Avec l’art et la manière , je devenais très rapidement le lourd qui parle de politique et gesticule sur le balcon , quelques bonne âmes s’épuisant à tour de rôle auprès de moi à m’entendre rabâcher des futilités dont dans le fond , tout le monde se fout , à commencer par votre humble serviteur .
Le fait que j’ai aucune pièce d’identité , suite à la désopilante perte de mon portefeuille , pour voter demain y étant peut être pour quelque chose .
Hélas . C’était sans compter sur Thomas , ce fourbe . Sans doute jaloux de l’insolente réussite que j’affichais à me rendre ridicule , celui-ci reprit les choses en main , posant devant l’assemblée médusée avec ce qu’il convient de nommer une « bite en plastique » colée au front , tout en tenant de façon on ne peut plus sommaire une poupée gonflable aussi excitante que , et par exemple , Arlette Laguiller en tenue de soubrette .
Bon dieu , je viens d’imaginer Arlette Laguiller en soubrette .
Brrrr .
Je reprenais le flambeau du pathétique en chef en faisant accidentellement tomber ma cigarette allumée , qui commença à consumer mon jean au moins une dizaine de secondes avant que la douleur , devenue insupportable , n’éveille mes soupçons? Thomas me mettait échec et mat en virant tout le monde de sa crémaillère au prétexte franchement déconcertant que , je cite car vous pourriez ne pas me croire , « ses voisins se plaignaient du bruit » .
Je me relis , je suis encore incrédule .
Thomas . L’homme qui m’a volé , usurpé , dépouillé de ma réputation de meneur , d’organisateur de soirées , d’homme «indispensable» (si si !) dans mon groupe d’amis , me repoussant au rôle de sinistre bouffon en chef , Thomas , est devenu un colloc , raisonnable et monstrueusement sobre , effrayé par les cris d’une mégère hurlant sur son balcon «c’est pas bientôt fini ce bruit» , quand ma réaction serait encore aujourd’hui de répondre à cette sinistre dinde « Et alors ! Ton célibat ou ton chat, ta vie pathétique dans un immeuble de seconde zone et ta solitude monstrueuse ne t’empêchent pas déjà de dormir? Ca me semblerait plus cohérent , époustouflante connasse ! » .
Thomas , le Thomas , mon tortionnaire , mon Massu , Thomas est un étudiant fini .
Moi pas .
Et c’est fou ce que j’ai de nouveau envie d’écrire , tiens .
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Les Petites Histoires
13 avril 2007
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« Nico , tu dois te remuer . Tu es plein d’idées , mais tu te décourages très vite et tu ne te donnes pas les moyens de réussir . Il faut que tu te bouges , tu sais , je ne veux pas d’un looser » .
C’est un fait : les filles sont spécialistes du coup de pied au cul qui donne envie d’aller se pendre en ayant de préférence au préalable ouvert le gaz .
Je le concède , j’ai un problème avec la notion de responsabilité . A mes yeux , la responsabilité représente tout ce que l’humanité a engendré de pire , à savoir l’obligation de dire bonjour à un emmerdeur même lorsque l’on a dormi moins d’une heure la nuit précédente et que vos collocs ont vidé votre réserve de café ; à savoir les conventions sociales qui vous contraignent pour faire plaisir à l’un de vos amis d’aller assister à sa pièce de théâtre intégralement en Italien de 2H30 (30 secondes après les lumières éteintes , j’avais déjà envie de pleurer) ; et enfin , l’obligation de faire les choses en temps et en heure , comme par exemple faire refaire ses papiers d’identité et récupérer un recommandé des lors que l’avis de passage a échoué dans la boite aux lettres .
Non mais sérieusement , qu’est ce que je m’en fous d’avoir mes papiers d’identité ?
(…)
Mon premier réflexe lorsque je voyais l’avis de passage du facteur , était de rigoler un bon coup en voyant la mention « pas de nom à cette adresse » . Très sérieusement , la prochaine fois que je le vois , je lui fous une bonne paire de baffes jusqu'à ce qu’il reconnaisse que « Nicolas , Antoine et Clément » était une indication majeure de la présence d’un Nicopoi à cette adresse .
Non mais franchement !
Mon second réflexe , moins belliqueux et beaucoup plus Nicolien , était de jeter négligemment le papelard sur la table , en compagnie de la vingtaine de lettres non ouvertes patiemment accumulées depuis quelques mois déjà , et qu’il me faudrait songer à planquer avant que Brune ne rentre à la maison .
Pas sur que cette notion du rangement ne lui semble très responsable , disons .
Dans un grand élan de courage , je me décidais toutefois à reprendre le papelard , et je prenais la direction de la poste , considérant qu’un court , bref et mauvais moment à passer valait mieux que de se faire traiter de loser une nouvelle fois .
Bon dieu , comment savait elle que cet argument massif allait me percuter plus violement que le marteau de 500 tonnes manié avec grâce par la petite amie de Nicky Larson ?
Sauf que . La poste à 17h06 , cela donne une vague esquisse de ce que pouvait être une file d’attente devant une boucherie aux alentours de Août 42 . Tout un lot de mines aussi diverses que franchement déprimantes , dont l’agglutinement évoquait le défilé du 14 Juillet avec les armes en moins et l’air un (petit) peu (plus) con .
Alors que je me mettais en mode « violence intempestive off » , j’en venais à espérer que le trop plein d’impatience qui bouillait en moi puisse être soulagé par une rixe menaçant d’éclater entre deux vieilles passablement déjantées derrière moi , se reprochant mutuellement de vouloir piquer la place de l’autre .
« J’étais la avant vous ! » , dit l’une .
« Vous savez , vous ne gagnerez pas tant de temps que ça ! » , rétorqua l’autre .
« Oui mais je suis pressée » , argumenta la plus chauve .
« Je sais que les vieux sont toujours pressés , particulièrement mes patients qui comme vous le sont énormément lorsqu’il s’agit de me demander le bassin » , lui assena la un peu plus chevelue .
Je tentais difficilement de réprimer un rire nerveux aux dernières paroles des deux harpies , et quand celles-ci jetèrent un œil soupçonneux dans ma direction , je me lançais dans l’écoute de la discussion de mes voisins de devant .
« Non mais sérieusement , c’est impossible de trouver un appartement à Paris ! » dit un type l’air inspiré à son comparse , à priori beaucoup plus inquiet sur la manière dont il allait payer ses coquillettes jusqu’au 31 du mois que sur la façon dont son pote allait emménager avec sa greluche .
« Tu imagines ? Ils nous demandent des cautions ? On a un gamin , tu penses que l’on est responsables ! »
Je frissonnais sur la définition donnée du terme responsable par le grand con , songeais à vérifier que ma brune prenne toujours la pilule , et me replongeais dans leur discussion .
« On va gagner beaucoup plus , genre quelque chose comme 3000 euros » .
Bon dieu , le fou . 3000 euros à Paris , sans doute à peine assez pour ne pas finir clochard , et encore , avec de l’ambition .
« Dites moi jeune homme , vous savez que Nicolas Sarkozy vient ce soir ? » , m’accosta soudainement la crâne chauve .
Et imprudemment , aussi .
« Vous savez , je ne suis pas très fan de lui … » , éructais je poliment .
« Oh , vous faites ce que vous voulez . Tout le monde après tout n’est pas concerné par les questions de sécurité et de défense … » , répondit elle avec un peu trop d’assurance pour s’éviter une réplique cinglante .
Qui ne tarda pas .
« De ? De sécurité ? Bon dieu , ce type n’a réussi qu’a mettre des flics partout , là ou je me sens rassuré que quand je les vois à plus d’une dizaine de kilomètres de moi ! Quand à la défense , je suis désolé , mais l’armée Française ne représente à mes yeux qu’une grande handicapée mondialement connue pour les roustes mémorables qu’elle a collectionné en Algérie , 39-45 et 14-18 ! »
Zut , j’ai oublié de citer 1870 . Bah , elle a du comprendre .
La non chevelue rendue muette , je pouvais constater que mon tour arrivait . Enfin , j’allais récupérer le courrier plein de fiel et de haine mal digérée qu’avait du me réserver l’avocate d’un vieil ex employeur .
« Ah ? Mais votre recommandé ne sera pas disponible avant demain ! » , me lança l’employée , inconsciente ou suicidaire , sinon les deux .
La responsabilité ? C’est rien que des emmerdes , vous dit je .
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L'asile - c'est loin
12 avril 2007
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Avec la vitesse d’un Tgv survolté pour un record de vitesse , une rumeur outrageusement vexante se propagea assez rapidement dans mon cercle d’intimes , alors que les cartons à peine posés en vrac n’avaient pas encore eu le temps de refroidir , rue Palaprat .
Mon lit serait inconfortable .
Les gens sont d’un médisant , c’en est triste .
Déjà et premièrement , ce lit n’en était pas vraiment un , appartenant plutôt et de loin (un peu comme le Néanderthalien l’est à l’homme moderne) à la filiation des canapés , pour peu que l’on passe sous silence sa barre du milieu qui en faisait un endroit aussi agréable ou dormir qu’un matelas pneumatique dérivant au milieu d’un banc de requins blancs nourris à la crème vanille depuis un mois .
Par ailleurs , les couvertures , que je l’avoue je ne rangeais pas scrupuleusement tous les matins , s’imbibèrent assez rapidement au fil des soirées qui émaillèrent la vie de mon appartement d’un délicat fumet , sorte de mélange de fumée de cigarette , de whisky et de chips écrasées , ce qui ne contribua pas à faire taire les méchantes langues sur mon sens pourtant légendaire du confort .
Des images circulent de moi marchant sur une plage en mocassins .
Etrangement , j’ai ressenti l’impérieuse nécessité lors de mon emménagement Place Esquirol de faire l’acquisition d’un nouveau lit , ou plutôt au vu de mon modeste budget massacré par des frais d’agence plus sûrement qu’un Tutsi rentré par erreur dans une conférence Hutu , d’un matelas ultra méga confortable , ainsi que de tout un panel de draps , dessus de lit , oreillers et couvertures neuves qui me réapprirent ce sentiment étrange et mystérieux consistant à ne pas avoir peur de se coucher .
Le grand luxe , donc .
(…)
C’est sa faute .
Je vivais heureux , dormais paisiblement et (presque) sans angoisse . Sans doute pour cette raison qu’il a fallu que cette petite andouille que mes parents appèlent pour lui faire plaisir « ma sœur » , ne vienne mettre les pieds dans le plat .
Je vivais si heureux fils unique , il y’a 19 ans de cela .
« Nico , tu peux me prêter tes draps de rechange ? »
Tsss . Petite effrontée , non mais je vous jure .
« Désolé Marine , j’en ai que deux sets de draps , et d’ailleurs … tiens , ça doit commencer à faire un certain temps que je n’ai pas fait la rotation semes… trimestrielle . »
Il faut savoir pour ma défense que je passe de longues minutes à pleurer tout seul dans ma chambre au moment de changer mes draps , cherchant désespérément un moyen de le faire facilement , sans passer une heure à insulter mes couvertures parce qu’elles ne coopèrent pas , et une bonne heure de plus à m’insulter parce que j’ai remis les anciens draps en croyant mettre les nouveaux .
Du Nico , en somme .
Alors que j’avais encore le soupir de déception de ma sœur qui raisonnait désagréablement dans mon oreille , les premières sueurs froides commençaient à rendre mon front aussi humide qu’un hammam , et les questions existentielles allaient porter le coup de grâce lorsqu’elles allaient agresser mon pauvre petit cerveau sans défense .
« Tiens , d’ailleurs , qu’est ce que j’ai fait de ces draps ? » .
… Inutile de dire que cela fait donc 2 semaines que j’écume tout les pressings de Toulouse -vainement- à la recherche de mes draps .
Alzheimer , c’est à partir de quel age déjà ?
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Nico Lagaffe
11 avril 2007
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14:39
Ne croyez pas que je fais ma diva sur le thème "retenez moi ou je fais un malheur" , mais je songe de plus en plus souvent à arreter le blog ...
Arreter avant de me répéter et de devenir (totalement) ininterressant ?
Ou continuer au risque de devenir plus chiant qu'un Théma sur la sexualité des pucerons ?
Aucune idée .
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Autour du Blog
9 avril 2007
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Il est à priori recommandé à l’autorité parentale , aux âmes sensibles et aux personnes anti-titres racoleurs de s’abstenir de lire ce qui suit .
Aie , mon ulcère . Bon , c’est parti .
(…)
Une nuit brûlante et de remue draps délicieusement acharnée .
Je vaquais à mes occupations en compagnie de ma brune d’alors . Tout allait bien . Je me dirigeais joyeusement vers un orgasme mérité et jouissif . Je pouvais espérer dormir paisiblement dans moins d’un quart d’heure , pour peu que la fréquence de nos vas et viens ne faiblisse pas , et que les massages post coït au programme ne suffisent à avoir raison des dernières velléités sexuelles de la demoiselle se frottant pour mon plus grand plaisir contre moi .
Le pied , le vrai , donc .
Le problème , c’est que c’était mal prendre en compte l’inénarrable capacité à me gâcher la vie du truc tordu et casse pied qui me sert de cerveau . Et , c’est ainsi que cette fichue masse grise se vengea atrocement , analysant tout à coup un point évident et qui pourtant m’avait échappé jusque là .
Dire que je vivrais si joyeusement sans ce foutu cervelet .
Alors que j’observais fort naïvement l’activité entre autre « manuelle » de mon fantasme du moment , une réflexion me vint à l’esprit , cruelle par sa simplicité , et par le constat qu’elle faisait , perturbant au possible pour un Nico même transcendé par son actuelle frénésie d’ordre sexuelle .
« Si les femmes sont majoritairement clitoridiennes , est ce que cela ne signifie pas que ce qui me sert d’attribut masculin serait ridiculement inutile ? »
La poisse . Des mois à passer le syndrome d’éjaculateur précoce , des années à comprendre que l’inverse (l’éjaculation à retardement) n’est pas mieux , tout cela pour se ruiner une nuit de débauche sexuelle en tout à coup , me faisant la réflexion qu’une fille peut très bien se passer d’un des arguments majeurs constituant ma virilité .
Notez bien qu’il me reste les poils , mais quand même .
L’enfer . Depuis , je passe mon temps à réfléchir sur cette question , me traumatisant comme je sais si bien le faire , ne sachant trop que penser , ma masculinité mise en doute , les poils hérissés et les doutes existentiels peuplant ma tête avec plus de facilité qu’il n’en faut à TF1 pour vendre du temps de cerveau humain disponible à coca-cola .
Ce qui insinuerait que Patrick Le Lay ne se pose pas , lui , la question du concept clitoridien tous les jours .
Le veinard .
C’est pourquoi je vous le demande , gentiment et à genoux sur des tessons de verre si vous insistez , mais par pitié : qui diantre saurait m’expliquer comment une femme clitoridienne peut voir le moindre intérêt au pénis d’un homme ?
Pas sérieux et Patrick Le Lay s’abstenir .
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Parlons Cul
7 avril 2007
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Toi !
Oui , toi , petit lecteur de mon blog qui te dis "ce naze écrit super mal et se répète plus qu'un Sarkozy sur des questions sécuritaires , je vais moi même faire un blog et on va voir ce qu'on va voir" .
Sache que c'est tout vu .
Non , petit lecteur , oublie vite cette idée , qui , si elle est fondée sur une vérité intrinsèquement cruelle mais réaliste (mes phrases longues sont insupportables et je me répète , soit) , n'en est pas moins faussée , pour la simple et bonne raison que tu ne sais pas à quel point tenir un blog est une prise de tête sans nom .
Si , si .
Vois-tu , au commencement , j'ai commencé à écrire mes inepties à l'attention des quelques personnes qui peuplent ma liste msn messenger , dans l'espoir que mes navrantes élucubrations les ferait de temps à autre sourire , et au mieux , les inciterait potentiellement à garder le contact avec moi , toujours obsédé que je suis par ma phobie de me retrouver un jour seul dans un HLM du Val d'Oise en tête à tête avec mon poisson rouge Blub .
Je concède avoir une vision de l'avenir potentiellement déprimante .
Seulement , mon blog rencontra assez rapidement un succès foudroyant , une foules de groupies en délire faisant le siège de ma boite mail pour s'arracher ma vertu , et très rapidement , j'étais contraint de subir une opération de chirurgie esthétique pour pouvoir acquérir à nouveau un anonymat qui me faisait décidément cruellement défaut dans les rues Toulousaines .
Autant pour moi , je crois que j'ai un peu laissé délirer mon cerveau , là .
Revenons à des plus réalistes considérations .
Disons que j'arrivais à réunir assez rapidement un public à peu près aussi fidèle qu'un candidat de l'ile de la tentation contraint au nudisme par un producteur retors , et que ce public , loin de me conforter dans mon envie d'exposer un peu plus mes navrantes considérations , me contraint , au fur et à mesure qu'il croît , à , paradoxalement , me taire toujours un peu plus .
Et là , tu me prends encore plus pour un taré .
Et pourtant !
Figure toi , ô cher petit lecteur (disons que j'aime à t'imaginer petit . Genre moins d'un mètre 74 , un truc du style) , que parmi tes compatriotes , je compte pas moins que :
- mes parents : je te laisse imaginer la tête de tes propres parents apprenant enfin pourquoi le niveau d'isio 4 baissait si rapidement . Mieux , je te laisse imaginer également ton propre désarroi en apprenant que tes parents ont appris pour l'histoire de l'isio 4 ...
- mon boss : après qu'une sombre buse ait eut l'intelligence d'aller me dénoncer auprès de ce dernier , mon boss m'a confié désapprouver un certain nombre de mes écrits , ce que je comprenais plus que vivement , bien que comme je lui dise en argumentant avec force et conviction alors qu'il me poussait gentiment vers la porte , "tout cela n'est que du second degré , qui peut croire que je touche un jour une quinte flush ?"
Je vous remercierais dans vos commentaires de confirmer qu'effectivement , c'est peu crédible .
- ma petite amie : dois-je réellement te dire qu'aucune petite amie n'apprécie franchement de voir son intimité livrée brut sur internet à des inconnus , mais , encore plus , déteste farouchement que son copain raconte ses histoires de cul passées , sous le prétexte pas forcément indéfendable qu'il lui est désagréable de savoir que tu repenses a de vieilles histoire alors que tu es avec elle ?
J'envoie quelques bisous du coté de Barcelone , sait-on jamais .
- mes collocs : ainsi , tu crois que tu pourrais raconter toutes les anecdotes les plus marrantes sur ta collocation , au mépris des risques de guerre civile que la narration de ces histoires pourrait entraîner du coté de la Place Esquirol ? Serais tu inconscient , bon dieu ?
Moi oui . Mais raisonnablement , quand même .
Tout un concept , diras tu .
- mes amis : inutile de dire que à chaque nouveau post sur l'un d'eux , tu en perds au minimum deux ou trois (qui a dit que la solidarité avait disparu dans ce pays ?) . Aussi incroyable que cela soit , dire de bonnes copines que tu appréciais bien qu'elles aient de gros seins n'entraîne pas de leur part la folle euphorie que tu étais en droit d'attendre d'elles , c'en est incroyable .
Maintenant , cher petit lecteur , si tu persistes dans ton envie de tenir un blog bien que tu saches les risques et périls par lesquels tu risques fortement de passer , sache qu'il serait beaucoup plus intelligent de le faire anonyme . Certes , il prendrait sans doute plus de temps à "démarrer" , mais tu pourrais réellement confier tes états d'âmes , sans pour autant à chaque fois te créer un nouvel ulcère en imaginant les répercutions que pourraient avoir tel ou tel post . C'est pas sympa ça ?
... Bon dieu , ou ais je foutu mes medics ?
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Navrant Optimisme
5 avril 2007
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« Nico , que fais tu le dernier week-end de Mars ? »
Je ne sais pas vous , mais contrairement à un certain nombre d’imbéciles qui , lorsque l’on leur pose cette question , se retrouvent à devoir aller bronzer à Marrakech contraints et forcés , moi , je me vois généralement proposer des choses hautement plus marrantes et infiniment plus ludiques .
C’est ainsi qu’il y’a quelques jours de cela , j’acceptais joyeusement d’aider une amie à déménager de Toulouse à Paris , m’enthousiasmant dans la joie et la bonne humeur sur sa proposition de faire 1400 km en 48h et en camion , non sans avoir aussi -youkaidi youkaida- au préalable contribué à charger le dit camion à Toulouse et à le décharger à Paris .
C’est décidé : mon hypothétique fils ne portera pas mon nom .
Ce qui est marrant lorsqu’une fille déménage , c’est qu’elle se sent un devoir de répartir les rôles et les cartons à porter , cartons qu’elle a évidemment rempli non pas dans un esprit de commodité pour ses crétins d’amis , mais plutôt dans l’espoir qu’il lui sera moins chiant une fois installée à Paris de les déballer .
Un instant , la poche de glace n’est plus bien mise sur mes reins .
Aie .
(…)
Un Samedi Matin .
Après avoir laissé ma brune prendre la direction de la gare , j’attends sagement dans un froid -qui parait-il fait défaut aux ours blancs d’Arctique- que JB , l’ami d’Alexiane , ne se décide à venir enfin me chercher .
« Le chèque ! J’ai oublié de prendre le chèque de l’autre ! »
Normal , je n’y avais pensé que 399 fois la veille et pendant mon petit déjeuner , nettement insuffisant pour m’en rappeler au moment de partir de chez moi .
Je courrais donc comme un dératé jusqu'à la porte de chez moi , montais les escaliers avec la célérité d’un oiseau migrateur ayant reniflé l’odeur d’un chasseur sortant d’un apéro , et redescendais tout en évitant soigneusement de me tordre la cheville , décidemment pas sympa d’avoir mal pris que je ne porte l’atèle au sortir de mon entorse que 3 jours .
Les poumons en vrac , je tentais de ne pas agoniser trop bruyamment sur le trottoir , lorsque je voyais enfin JB arriver . Une fois la ceinture bouclée , j’avais à peine le temps de prendre la jolie couleur pourpre d’une dinde de noël cuisant au barbecue (JB est frileux , mais la clim poussée à ce point , c’est un crime contre l’humanité) , que mon téléphone sonnait .
« Nico … j’ai oublié ma carte 12-25 … » , me lâcha ma brune sur un air contrit …
Les 7h de route pour Paris furent à peine suffisantes pour que je ne retrouve un semblant de respiration proche de celle d’un type amputé d’un poumon sur deux , après ma nouvelle montée de l’escalier de chez moi et ma course frénétique au sein de la gare Matabiau , à une vitesse proche du record enregistré par Carl Lewis aux 100 mètres de 1991 .
Une expression d’effroi figea mon visage lorsque le copain d’Alexiane , sitôt le camion immobilisé , ne trouva rien d’autre à dire de plus apaisant que « Bon , on décharge ? » .
Réflexions faites , Je ne veux meme pas de gamins .
Published by Kane
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Nico Lagaffe
4 avril 2007
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16:38
En 1860 , les Etats-Unis n’avaient pas encore pris l’habitude d’enquiquiner le monde entier , même si les Mexicains qui se les étaient déjà pris dans la tronche vingt ans plus tôt avaient précocement acquis le rang de souffre douleur , qu’ils n’ont d’ailleurs à ce jour à ma connaissance toujours pas lâché .
Je viens de comprendre pourquoi j’ai longtemps adoré les Etats-Unis .
Des lors , et comme il faut bien tuer le temps histoire de pas s’emmerder ou regarder Pascal Sevran , ils ne trouvèrent pas d’autre solution que de s’offrir une petite guerre civile , déclenchée sur des motifs dont la pâleur prouve bien que déjà à l’époque , il ne faisait pas bon de regarder la télévision un dimanche midi .
Relever les anachronismes serait particulièrement cruel de votre part .
C’est ainsi que 5 années durant , les Américains s’écharpèrent joyeusement à coup de sabres et mitrailles chatouillantes au possible , trop heureux d’avoir enfin l’occasion de faire application de leur droit constitutionnel de posséder des armes , mais surtout , de s’en servir et si possible légalement .
Pour tout dire , en 1863 , le Nord était plutôt mal barré , ayant enquillé un certain nombre de roustes mémorables dues à des généraux soit trop timorés , soit un brin optimiste , comme ce bon vieux Burnside , qui en 1862 avait considéré comme déstabilisant pour l’ennemi que de l’attaquer là ou cet ennemi était le plus fort , sur une colline planqué derrière un muret de briques .
Les quelques dizaines de milliers de pauvres types trucidés à bout portant en raison de son ordre délirant n’ont jamais eu franchement l’occasion de désapprouver sa notion de « déstabilisant » .
Il est à noter que bon nombre de généraux Français de 14-18 semblent avoir étudiés les mêmes bouquins que Burnside , également .
En 1863 , donc , les Etats-Unis en tant que tels semblaient condamnés , la séparation en deux petits états médiocres et insignifiants à priori assurée , le grand père de Saddam Hussein dormait sur ses deux oreilles et Staline réfléchissait déjà à la façon dont il renommerait Paris et Londres à la mode soviétique .
Tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes , donc .
Et la , l’accident . Les Sudistes , désignés depuis comme les méchants mais n’oublions pas que les perdants sont souvent accablés à tord et à travers , dans un trop plein d’optimisme assez blâmable , décidèrent d’aller faire un peu de tourisme militaire dans les Etats du Nord encore assommés par l’une ou l’autre de leurs précédentes défaites , et c’est ainsi que leur armée alla chasser la bourgeoise Nordiste , en ce beau mois de Juin de cette année là .
Il faut savoir que les charters pour la Thaïlande n’existaient pas encore à cette époque .
Alors que les ripailles et viols atteignaient leur plein , nombre de soldats sudistes se rendirent compte que tout à leurs banales occupations , ils avaient oubliés d’embarquer avec eux un nombre respectable de chaussures , ce qui faisait qu’après 200 km de marche forcée , une masse pléthorique d’entre eux se retrouvait nu pieds , ce qui fait toujours mauvais genre au moment de mettre à sac une petite villa de Pennsylvanie .
Allons , allons .
C’est la raison pour laquelle les braves sudistes prirent la direction d’une bourgade du coin , un lieu hautement pittoresque nommé Gettysburg , village paumé auquel une fabrique de chaussures était l’équivalent d’Airbus pour Toulouse en matière d’emploi .
Je vous l’ai déjà dit : pour les anachronismes , vaut mieux oublier .
Patatras . Lorsque les sudistes arrivèrent sur place , au matin du 1er Juillet 1863 , ils tombèrent non pas nez à nez avec des Nike ou autres Adidas , mais plutôt et plus dangereusement avec des fusils rayés à répétition portés à bout de bras par des Nordistes revanchards et franchement mauvais joueurs .
Tirer sur des nus pieds . Tsss .
Il s’ensuivit une bataille de 3 jours , qui se solda par l’écrasante défaite des Sudistes , assez inconscients ou sans doute trop lassés des mycoses aux orteils pour se lancer à l’assaut d’une colline nus pieds , en coupant à travers des champs de blé , ce qui n’arrange rien quand on sait comme un Nico comme il est douloureux de poser un pied nu sur un pied de blé coupé à la base .
Enfin , toujours moins quand même qu’une balle perdue tirée par un Nordiste revanchard .
Tout ceci pour dire que j’ai non pas la flemme de faire les boutiques et de remplacer enfin mes chaussures -je le concède- magnifiquement usées et aussi douloureuses qu’un tapis de Fakir indien portable , mais que je ne fais que soutenir moralement ces pauvres Sudistes qui , en ce 3 Juillet 1863 , sont morts pour une bête histoire de godasses .
Evidemment .
3 avril 2007
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Il est un fait que je n’ai pas toujours un respect , à proprement parler , scrupuleusement rigoureux de certaines convenances sociales , comme par exemple le respect des vieux , lançant des regards de haine féroce à l’intrus grisonnant qui oserait dans un bus me faire remarquer que je suis assis quand il est debout (« bon dieu vieille carne , je vais passer ma vie à financer ta retraite moisie , ça mérite bien le droit que je reste assis , non ? ») , ayant la sans doute déplorable habitude de fumer outrageusement même en présence de criards mômes puants (« leurs parents avaient qu’a pas les concevoir . Na . ») , ou … en ayant une conception assez déroutante de la légitime reconnaissance due à quelqu’un qui m’héberge .
Mais j’ai des circonstances atténuantes .
(…)
Août 2004 .
Tom , l’un de mes trois meilleurs amis , organisait une soirée chez lui , à savoir chez ses parents , une mignonnette petite maison perdue dans un bled pommé dans la campagne Toulousaine , un endroit oppressant ou il était même , comble de l’horreur , possible d’entendre l’insoutenable grigri de ces raclures de grillons .
J’ai passé une bonne partie de la soirée à m’inquiéter que l’on ne soit pas perturbés par l’arrivée d’un type bizarre armé d’une tronçonneuse .
J’avoue avoir une vision de la campagne légèrement influencée par mes glauques goûts cinématographiques .
Il se trouve qu’a cette soirée , j’étais accompagné de Erika , ma seconde petite amie Mexicaine , qui avant de devenir la truie qui me largua pour un type « légèrement plus mature que toi » (garce !) , fut surtout et essentiellement celle qui m’enseigna enfin (sic) que l’envie de baiser existe aussi chez les filles .
Croyez le : jusque la , j’avais toujours eu le sentiment d’être demandeur en la matière , et que dans un grand élan de sacrifice , mes amantes d’alors s’étaient exécutées en priant que cela ne dure pas trop longtemps .
Je dois bien concéder que je décevais pas trop sur ce dernier point .
Alors que l’alcool avait coulé à flots , il fut décidé par une petite troupe d’aller mener une de ces expéditions discrètes que l’on aime à faire pour se faire peur lorsque l’on est jeune , et de mener celle-ci du coté de la piscine du voisin , histoire de voir si l’eau n’était pas trop froide .
Aaaah . Ma jeunesse perdue …
Par un hasard déconcertant et que je ne m’explique toujours pas à ce jour , l’expédition n’eut pas le succès de ce niais de Rodrigues du Cid , et loin d’arriver 500 , je ne me retrouvais en tout et pour tout assez rapidement qu’en simple tête à tête avec Miss Mexique 2004 , qui ne trouva rien de plus intelligent que de me défier -contre promesse de levrette frénétique au clair de lune- sur « tu n’es pas capable de te baigner dans cette eau à 13,5 degré pour moi » .
Grave erreur . Une levrette frénétique au clair de lune vaut toujours la peine de plagier ce naze de Jack barbotant dans l’océan Atlantique au milieu des Icebergs .
(…)
Quelques jours plus tard .
Tom nous avait tous convié à prendre un verre , ayant énoncé au téléphone avoir un gros problème à régler , mis qu’il l’était sous pression par sa douce maman qui c’était métamorphosé , à l’annonce du dit problème , en sorcière du magicien d’Oz , mais en plus redoutable .
Et sans les chaussettes a rayure , ce qui aurait au moins détendu l’atmosphère .
« J’ai un gros problème , le voisin s’est plaint de la dernière soirée , il a semble t’il pas apprécié du tout l’incursion de quelques uns dans son jardin . Je sais pas si vous vous rendez compte , il y’en aurait même qui se seraient baignés . Ma mère veut des noms , vous avez des souvenirs de cette soirée , vous ? »
C’est fou comme je peux avoir le vertige des fois en regardant mes pieds .
Toujours surprenant du haut de mon mètre 74 , si si .
« Broumph . Je … je crois me souvenir que le Camille a voulu essayer de faire des longueurs » , dénonçais je assez minablement sur des accents France 39-45 qui ne font pas franchement ma fierté .
« Et … j’ai moi-même barboté 3 secondes pour faire plaisir à Erika . Mais 3 secondes , hein ! »
Dénonciation bien ordonnée termine par soi même , c’est bien connu .
« Quoi ? C’était toi et Erika alors que le voisin a vu batifoler de sa fenêtre à 3h du mat ?
- Glubs » , ajoutais je bien malgré moi .
(…)
Il y’a quelques jours , dans un salon de thé Toulousain .
Je prenais un chocolat chaud en charmante compagnie , lorsque j’allais perdre soudainement quelques centimètres (ce dont je n’ai vraiment pas besoin) sur ma chaise à la vue des nouveaux entrants , la mère et la grand-mère de Thomas .
« Bonjour ! » , allais je timidement oser auprès des demoiselles .
« C’est Nicolas , l’ami de Tom … » allait dire assez (trop pour ne pas me mettre mal à l’aise) rapidemment la maman de Tom à sa propre mère .
« Ah … J’ai beaucoup entendu parler de vous … » , allais aussitôt répondre la gentille grand-mère de Tom , tout en me lançant un regard hautement déstabilisant …
Les levrettes au clair de lune , ça marque .
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Histoires d'Ex