Bienvenue sur le blog du Petit Nicolas mais en Plus Grand !
Ce blog présente les navrantes aventures d'un ex étudiant en droit gaffeur et étourdi, sous la forme de petites histoires tirées de la vie réelle et tournées monstrueusement en auto-dérision.
Depuis Juin 2011, le blog traite de mes nouvelles aventures au Canada et de mon installation à Montréal. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu les anciens posts pour comprendre les nouveaux, ceci
étant, et si c'était par la fin du blog que tout commençait ?
Il est un fait que je n’ai pas toujours un respect , à proprement parler , scrupuleusement rigoureux de certaines convenances sociales , comme par exemple le respect des vieux , lançant des regards de haine féroce à l’intrus grisonnant qui oserait dans un bus me faire remarquer que je suis assis quand il est debout (« bon dieu vieille carne , je vais passer ma vie à financer ta retraite moisie , ça mérite bien le droit que je reste assis , non ? ») , ayant la sans doute déplorable habitude de fumer outrageusement même en présence de criards mômes puants (« leurs parents avaient qu’a pas les concevoir . Na . ») , ou … en ayant une conception assez déroutante de la légitime reconnaissance due à quelqu’un qui m’héberge .
Mais j’ai des circonstances atténuantes .
(…)
Août 2004 .
Tom , l’un de mes trois meilleurs amis , organisait une soirée chez lui , à savoir chez ses parents , une mignonnette petite maison perdue dans un bled pommé dans la campagne Toulousaine , un endroit oppressant ou il était même , comble de l’horreur , possible d’entendre l’insoutenable grigri de ces raclures de grillons .
J’ai passé une bonne partie de la soirée à m’inquiéter que l’on ne soit pas perturbés par l’arrivée d’un type bizarre armé d’une tronçonneuse . J’avoue avoir une vision de la campagne légèrement influencée par mes glauques goûts cinématographiques .
Il se trouve qu’a cette soirée , j’étais accompagné de Erika , ma seconde petite amie Mexicaine , qui avant de devenir la truie qui me largua pour un type « légèrement plus mature que toi » (garce !) , fut surtout et essentiellement celle qui m’enseigna enfin (sic) que l’envie de baiser existe aussi chez les filles .
Croyez le : jusque la , j’avais toujours eu le sentiment d’être demandeur en la matière , et que dans un grand élan de sacrifice , mes amantes d’alors s’étaient exécutées en priant que cela ne dure pas trop longtemps .
Je dois bien concéder que je décevais pas trop sur ce dernier point .
Alors que l’alcool avait coulé à flots , il fut décidé par une petite troupe d’aller mener une de ces expéditions discrètes que l’on aime à faire pour se faire peur lorsque l’on est jeune , et de mener celle-ci du coté de la piscine du voisin , histoire de voir si l’eau n’était pas trop froide .
Aaaah . Ma jeunesse perdue …
Par un hasard déconcertant et que je ne m’explique toujours pas à ce jour , l’expédition n’eut pas le succès de ce niais de Rodrigues du Cid , et loin d’arriver 500 , je ne me retrouvais en tout et pour tout assez rapidement qu’en simple tête à tête avec Miss Mexique 2004 , qui ne trouva rien de plus intelligent que de me défier -contre promesse de levrette frénétique au clair de lune- sur « tu n’es pas capable de te baigner dans cette eau à 13,5 degré pour moi » .
Grave erreur . Une levrette frénétique au clair de lune vaut toujours la peine de plagier ce naze de Jack barbotant dans l’océan Atlantique au milieu des Icebergs .
(…)
Quelques jours plus tard .
Tom nous avait tous convié à prendre un verre , ayant énoncé au téléphone avoir un gros problème à régler , mis qu’il l’était sous pression par sa douce maman qui c’était métamorphosé , à l’annonce du dit problème , en sorcière du magicien d’Oz , mais en plus redoutable .
Et sans les chaussettes a rayure , ce qui aurait au moins détendu l’atmosphère .
« J’ai un gros problème , le voisin s’est plaint de la dernière soirée , il a semble t’il pas apprécié du tout l’incursion de quelques uns dans son jardin . Je sais pas si vous vous rendez compte , il y’en aurait même qui se seraient baignés . Ma mère veut des noms , vous avez des souvenirs de cette soirée , vous ? »
C’est fou comme je peux avoir le vertige des fois en regardant mes pieds . Toujours surprenant du haut de mon mètre 74 , si si .
« Broumph . Je … je crois me souvenir que le Camille a voulu essayer de faire des longueurs » , dénonçais je assez minablement sur des accents France 39-45 qui ne font pas franchement ma fierté .
« Et … j’ai moi-même barboté 3 secondes pour faire plaisir à Erika . Mais 3 secondes , hein ! »
Dénonciation bien ordonnée termine par soi même , c’est bien connu .
« Quoi ? C’était toi et Erika alors que le voisin a vu batifoler de sa fenêtre à 3h du mat ? - Glubs » , ajoutais je bien malgré moi .
(…)
Il y’a quelques jours , dans un salon de thé Toulousain .
Je prenais un chocolat chaud en charmante compagnie , lorsque j’allais perdre soudainement quelques centimètres (ce dont je n’ai vraiment pas besoin) sur ma chaise à la vue des nouveaux entrants , la mère et la grand-mère de Thomas .
« Bonjour ! » , allais je timidement oser auprès des demoiselles . « C’est Nicolas , l’ami de Tom … » allait dire assez (trop pour ne pas me mettre mal à l’aise) rapidemment la maman de Tom à sa propre mère . « Ah … J’ai beaucoup entendu parler de vous … » , allais aussitôt répondre la gentille grand-mère de Tom , tout en me lançant un regard hautement déstabilisant …
Je suis en train d'écrire le post du jour , mais en attendant , je signale aux interressé(e)s que je serais ce soir vers 21h au Classico , près de la place Esquirol , à la soirée Blog sur Garonne .
Et je serais très très très curieux de rencontrer quelques de mes petit(e)s lecteurs .
Recherche Portefeuille noir , répondant aux appellations "gouffre sans fond" , "découvert & cie" , "porte Carte à bleus" ou encore "désespoir de la BNP" , disparu sans laisser d'adresse entre samedi et dimanche quelque part dans cette sinistre contrée que l'on nomme Paris .
Egalement disparus , ma première carte bleue de l'année , ma carte d'identité , ma déclaration de perte de mon permis de conduire , ainsi que ma toute neuve nouvelle carte Fnac .
Il est un phénomène bien connu des pauvres ères qui , un jour d’inconscience inconsidérée (d’où pléonasme ?) , arrivent , sans trop savoir comment d’ailleurs , a passer de la dimension « désespérément seul » à celle beaucoup plus prisée de « infortunément maqué » .
Un instant , je vais faire un bisou anticipatoire à ma brune et je reviens .
Tout le monde est toujours la ? Ok , je reprends .
C’est ainsi , qu’alors que le célibataire endurci a passé un nombre irraisonnable de soirées , mois et parfois années a dénicher enfin quelqu’un(e) qui daignerait le supporter -en attendant toutefois de trouver mieux ou qu’il meurt , Starship Troopers a fait beaucoup de dégâts dans les mentalités- , il lui semble , du jour ou il a fait l’acquisition d’un conjoint , que le monde entier lui tomberait dans les bras s’il en avait l’envie , rencontrant tout a coup des filles (ou mecs , selon ses aspirations sexuelles ou son degré d’alcoolémie disons) comme s’il en pleuvait .
Et d’un coup , j’en viens à me demander si Moise n’aurait pas plus sûrement été d’un coup maqué , et contrairement à la légende , écarté de ses bras non pas une bête mer , mais plutôt le flot de ses nouvelles fans en furie .
Ce phénomène étrange est à l’origine de bien des dépressions ou de dimanches , ou , tétanisés , l’on reste collé dans son canapé la bière a la main et sans la force de lever l’autre vers la télécommande pour zapper l’inaudible Sevran -ce qui n’est pas peu dire- , car ce phénomène est un mirage aussi ostentatoire que celui qui inspira l’envie au Capitaine Haddock de décapsuler ce pauvre tintin , qui ne méritait pas ça bien que sa crête soit , ayons le courage de le dire , grotesque .
Mirage ? Diantre oui . Comme le faisait remarquer le désormais insoutenable Houellebecq , il est possible d’une certaine manière de comparer vie sentimentale et vie professionnelle , au sens que si l’on peut intéresser un futur employeur lorsque l’on peut lui apporter les secrets d’entreprise de son actuel boss , le même futur employeur ne tarde pas à vous rire au nez lorsque vous avez eu la bêtise de quitter votre job , votre cv ne représentant des lors guère plus a ses yeux que le mouchoir qu’il a jeté négligemment à la corbeille après l’avoir inondé de sa morve . Selon Houellebecq , il en irait de même dans le domaine sentimental : le mec célibataire est une proie trop sensible pour représenter un quelconque intérêt , quand l’homme en couple représente un challenge que la voluptueuse poitrine d’une prédatrice doit conquérir .
Et tout le monde le sait : les filles sont des prédatrices . Si , si .
C’est donc la raison pour laquelle , l’orgueil gonflé à bloc plus sûrement qu’un fumeur déclarant sans rire pouvoir se passer de la cigarette « du jour au lendemain » (sic.) , l’homme moderne se doit d’éviter les pièges qu’un dieu , pas si coopératif avec lui qu’avec les nonnes faussement miraculées , lui tend depuis le jour de délire manifeste , ou , le malheureux , qu’il s’appelle Nico ou pas bien que Nico soit un plus , a juré sur la place du capitole et au mépris des passants médusés par cette silhouette parlant seule à voix basse , qu’il ne verrait plus que comme des « potes » toutes les autres filles que la sienne .
Mais bon dieu . Ce que les potes aux cheveux longs sont séduisants .
Nota Bene - Petit extrait de la discussion qui suivi la rédaction de ce post :
« Pourquoi tu dis ça dans ta conclusion » , me dit-elle soudain inquiète . « Parce que ! C’est vrai que les filles séduisantes ne laissent pas indifférent ! » répondit la voix tremblante et les jambes mal assurées le Nico . « Faut voir ! Moi j’ai des potes filles , et je ne les embrasse pas ! » , intervint inconsciemment le colloc . « Ah ? Et ta meilleure amie , tu l’as jamais embrassé alors ? » insinua pernicieusement le Nico …
Clem perd soudainement la parole ; reste encore une contradictrice .
« Mais quelle sensation te procure une jolie fille alors ? » , s’enquit la brune .
Ouille . Vite , botter en touche .
« Eh bien je sais pas , que t’inspire ton prof de sport ? » , répondit le Nico un brin machiavélique . « Putain ! Il vaut mieux que tes amies ne t’inspirent pas les mêmes fant… impressions ! » , se rattrapa t’elle . Trop tardivement pour éviter toutefois un regard noir du Nico , évidemment .
Plus de contradicteurs ? Le débat était clos . Ouf .
Sérieusement , disons le : Sempé et Goscinny ont bâclé leur boulot .
Le grand père du Petit Nicolas , c’est un type dont j’aurais bien aimé hériter au moins l’une de ces qualités : il n’a pas besoin d’avoir la pilosité de King Kong -mais en plus drue- pour faire viril .
Je suis indéniablement jaloux , donc .
Comme dans toutes les familles , il a été affublé de « pseudos » au gré des humeurs de ses petits enfants , qui dans leur jeune age n’avaient pas peur de le contrarier avec des sobriquets aussi insolites que Yaya , Tralala (sans doute le plus osé, il n’est vraiment pas du genre à faire tralala) ou encore Palais , quoique ce dernier -émanant de moi- soit un dérivatif gentillet du premier , beaucoup moins cool et franchement péjoratif dont je l’avais affublé .
D’autant que vu son crâne chauve , l’appeler Balais était particulièrement malvenu .
Palais ? Il a terrorisé tout ceux qui l’ont connu . Né à l’école de « je frappe d’abord , on réfléchira après » , ses histoires de poursuite dans les jardins de la petite maison de campagne de mon père , qui avait eut la maladresse de rouler avec la tondeuse sur le câble d’alimentation de la dite tondeuse , me font doucement sourire , encore aujourd’hui .
L’histoire de la fois ou , rêveur (com d’hab) , je lui étais rentré dedans alors que nous étions à vélo , et qu’il n’avait que modérément apprécié que je lui fausse sa roue de ce fait , me faisant elle beaucoup moins sourire .
Bien qu’elle soit devenue une légende urbaine au sein de ma famille , évidemment .
Lorsque j’étais un petit gamin en culottes courtes , et déjà passionné d’histoire , j’aimais à accompagner Palais (pas à vélo) dans de longues ballades , ou il me racontait sur une voix à faire passer celle de Jean Reno pour une de Soprano sa vision de l’histoire , qui , quoique singulièrement viciée par le fait qu’il voue une passion pour le communisme qui me laisse particulièrement critique (voir narquois) , me donnait envie d’en savoir toujours un peu plus , ce qui revenait tout simplement à rallonger notre ballade de 5 à 6 km , au bas mot .
Sans doute la raison pour laquelle je refais l’histoire dans ma tête lorsque je déambule seul dans les rues de Toulouse .
Et la raison pour laquelle j’ai un air hébété lorsque l’on m’accoste sans prévenir en pleine rue . Si , si .
La dernière fois que je l’ai vu , je me suis dit au vu de son air diminué et de sa fatigue visible que c’était probablement la dernière fois que je le voyais , les ressources semblant de toute évidence lui manquer …
(…)
« Tiens au fait , tu ne connais pas la dernière de ton grand père ? » , me demanda mon père alors que je tentais de ne pas totalement renverser le contenu de ma tasse de café sur ma chemise . « Les médecins lui ont pronostiqué un truc à la tête , quand même pas anodin . Emmanuel l’a fait accepter rapidement à un hôpital réputé auquel il n’aurait pas eut droit , bref . La nuit précédent l’opération , Palais a décidé qu’il ne voulait plus rester, et à 2h du mat , il se rhabille , commence à partir , se fait arrêter par l’infirmière hallucinée par l’énergumène . Il aura fallu 3 infirmiers pour qu’il soit maîtrisé , et attaché a son lit . L’opération a été annulée , et l’infirmier à qui il a cassé le doigt ne devrait à priori pas porter plainte … »
Chouette . Je vais pouvoir me balader avec mon grand père dimanche , moi .
Je sais : je vais encore passer pour un irascible . D’accord , je râle sur tout . Sur les vieux d’abord , ces espèces de raseurs sans nom qui semblent nés (bien avant moi , soit) pour me nuire .
Ou plus précisément , pour avoir l’envie forcément crispante de payer en vieux francs à la seule caisse ouverte de Monoprix .
Sérieusement , il y’a des maisons de retraite qui se perdent .
Ensuite , je peste et tempête contre les petits tracas quotidiens , vous savez ? Lorsque l’on est normal , ou oublie facilement ces petites choses contrariantes qui ponctuent les journées ! Mais sachez le : porter un nom d’arbre fruitier ridicule et tourné en dérision par des expressions populaires crispantes (« bonne poire » … vous le vivriez bien vous ? Moi pas .) n’aide pas à garder la maîtrise de ses nerfs . Voir pas du tout , du tout , du tout . Du tout .
Au passage … Vous ais je déjà dit que le nom de jeune fille de ma mère est Petit ? J’aurais voulu lui « emprunter » à mes 18 ans mais je me suis rendu compte que Nicolas Petit , ça risquait de m’assurer des moments douloureux au moindre appel à la fac , lorsque le prof ricanant aurait fait exprès de commencer par les noms .
C’est vicieux un prof de fac . Fin de la parenthèse .
Nous disions ? C’est un peu mon problème , à force de laisser mon cerveau délirerse la jouer trisomie 21 libre , je m’y perds un peu dans mes raisonnements délirestrisomiques 21 tout court . Ah oui . On parlait de ces fichues malédictions qui pourrissent la vie d’un Nico dans la force de l’age .
Situons . Cela s’impose , je crois .
Je déteste les dîners . C’est bien simple , je prends autant de plaisir à manger en compagnie d’autres personnes que à m’ouvrir a moitié le doigt en coupant une tomate traître et pas si ferme que je l’avais supposée .
Et pourtant , j’avais mis 3 semaines à planquer une larme discrète lorsque la blessure me lançait joyeusement à chaque plongée dans la mer . C’est dire si je hais les dîners .
Pourquoi ? Mais diantre ! Un dîner mondain , c’est un parcours du combattant de tous les instants , une lutte sans merci pour éviter un ridicule qui frappe pernicieusement au moment où on ne l’attend pas .
Très sérieusement : vous m’imaginez manger du crabe devant témoins ? Ne seriez vous pas non plus pris d’une convulsion nerveusement ironique en m’imaginant manger des pâtes au ketchup le jour ou j’ai décidé de porter une chemise blanche ? Ne croyez vous pas non plus que le serveur a fait exprès de faire déborder la tasse de café pour qu’une goutte , une seule , mais fourbe , vous ruine votre pantalon en toile pile à la fin du dîner ?
Mais surtout .
Bon dieu , mais pourquoi diable , suis-je toujours le seul à laisser plus de traces de lèvre , de main , de gras (en ayant mangé que du pain tout le dîner , toutefois) qu’un travelo maquillé pour participer à un clip de Michael Jackson ?
En plus , y’a plus d’embauches à la Michael Jackson‘s corp .
A chaque nouveau repas , j’observe avec l’œil du condamné le verre qui va causer la ruine de ma réputation (enfin un peu plus , disons) , recherchant désespérément un moyen d’éviter de salir mon verre , ne touchant pas le verre de mes lèvres (désastre garanti : ma chemise blanche rose peut en témoigner .) , recherchant ensuite une position de lèvres qui frôle , contourne , esquive les rebords du verre , dans un numéro de contorsion à rendre celles de Mick Jagger aussi dérisoirement anodines que celles de Pierre Palmade .
Ca ne rate jamais : je me retrouve toujours , en dépit de mes efforts désespérants et désespérés , avec une véritable imitation de verre bosniaque période Sarajevo à la fin du repas .
Quand je ne le casse pas en entraînant la nappe au moment de partir , évidemment .
Il y’a dans une gare , une ambiance toujours assez particulière , une impression d’anachronisme constant auquel se mélange avec une certaine facilité mon éternelle nostalgie pour les ambiances rétro . Lorsque je flâne sur le quai , j’imagine , rêve debout en évitant toutefois de heurter plus d’un passager à la seconde (vaste utopie) , à ces millions de personnes qui ont débarqué de leur train , à leur histoire , aux soulagements qu’ils allaient éprouver , aux ennuis sans fond qu’ils allaient tenter de résoudre dans une folle course contre la montre …
J’avoue extrapoler : tout le monde n’accumule pas les emmerdes comme je le fais avec bonheur .
Lorsque ce matin là , je passais quelques minutes à observer son train partir , train qui quoique arborant une apparente forme de modernité , ne sut s’empêcher dans son accélération de provoquer sur un aiguillage le même grincement hideux qui m’aurait rendu coupable d’assassinat de prof ne sachant pas manipuler une bête craie , j’étais pris d’un lourd sentiment de solitude , et , quoiqu’ils puissent légitimement douter , au vu de l’heure effroyablement matinale qu’il ne s’agisse pas d’un martien vêtu de ma peau qui débarque et non leur affectueux Nico , je décidais de rendre visite à mes petits parents .
Lorsque l’on prête une oreille discrète aux actualités , et que l’on a passé les informations routinières du type 100 irakiens en moins par ici , une compagnie pétrolière a (sur)multiplié ses bénéfices par là , on peut se rendre compte dans des petits reportages tout ce qu’il y’a de plus anodins qu’une foule de chercheurs désœuvrés est payée à expérimenter , analyser les données les plus crétines (« c’est une information qui vise le prix Nobel : se frotter avec sa serviette trop fort à la sortie de la douche peut déclencher un cancer . Un reportage de … ») lorsque personne n’a encore aujourd’hui songer à élucider cette question éprouvante : Pourquoi le simple fait de passer la porte de chez ses parents suffit a vous faire perdre instantanément 15 ans ?
… Freud ? Qui est-ce ?
C’est un fait . Je peux avoir du prendre des décisions terribles durant les deux dernières semaines . J’ai pu me comporter en adulte (si si !) , subir des dîners mondains , faire l’amour et pas forcément que dans un lit , envisager de me passer sous un bus histoire de voir si mon cerveau tourmenté arrêterait au moins 5 secondes de me traumatiser , bref , je peux avoir une vie solide et bien construite , mais , que je passe la porte de chez mes parents , et je redeviens instantanément le Petit Nico qui suscite l’hilarité de tous lorsqu’il déblatère innocemment sur un film de caméscope que j’ai omis de brûler , malencontreusement .
Je finirais bien par tous les avoir .
Ce phénomène s’est d’autant plus amplifié que depuis que je suis parti de chez mes parents , je ne m’y pointe plus que très rarement , ce qui contrairement à ce que les mauvaises langues veulent bien dire , n’a rien à voir au fait qu’il me suffise d’un voyage par semaine pour pouvoir utiliser à bon escient la bonne volonté de ma douce petite maman et de sa machine à laver (sic) , mais tout simplement que cette cure de jouvence que j’y fais , si elle est atrocement agréable , ne rend que plus désagréable le retour à la réalité , à savoir le moment ou je repasse la porte de chez eux dans l’autre sens , et que je redeviens « grand » Nico (si mon mètre 74 ose ainsi s’exprimer) , confronté à sa vie et ses angoisses .
Tandis que si je reste dans le monde hostile tout le temps , je n’ai pas à accuser ce type de contrecoup . CQFD .
Quand j’arrive à la porte du bas , je glisse une première clé tout en me remémorant toutes les fois ou je le faisais avec une certaine appréhension . Le carnet de notes est il arrivé ? Et pourrais l’intercepter , ou papa a t’il déjà mis la main dessus et s’apprête a faire de même sur moi sitôt que j’aurais passé la porte ? Vais je coucher avec la fille qui m’accompagne , et surtout , comment éviter demain que Marine n’ouvre la porte de ma chambre un peu trop brusquement pour l’empêcher de tomber nez à nez (enfin question de point de vue) avec les fesses de ma copine ?
Quand je vous dit que je me pose toujours plein de questions saugrenues .
La montée de l’escalier ? Le temps pour moi de me souvenir en souriant des folles courses dont il a été le témoin , lorsque celle qui m’accompagnait , tout à coup enjambait les marches avec une célérité démente , et que je faisais exprès de ne pas la rattraper et donc perdre , car dans les cas inverse , une soupe à la grimace de l’autre allait me gâcher au moins le début de la soirée …
J’ai aujourd’hui , à force de perpétuer ce souvenir , acquis une réputation démente de type montant un escalier plus vite que l’éclair .
Ca y’est Alexandra , tu sais maintenant pourquoi je montais ton escalier en moins de 19 secondes .
Il y’a quelques semaines de cela , j’avais passé vaillamment ses deux étapes Flashback obligatoires , et j’arrivais enfin à l’appartement de mes parents . Je poussais doucement la porte , me doutant que l’heure très matinale de ma visite pouvait faire que je sois le premier de la famille à être debout .
Une fois n’est pas coutume .
Pas un bruit . Une obscurité totale dans l’appartement , la même impression qu’éprouvait l’équipe de secours accourant à l’aide de tintin et de ses joyeux potes dans « on a marché sur la lune » , celle d’un palais du sommeil ou le temps s’est figé juste comme ca , pour voir .
Comme 3 ans plus tôt , je marchais sur la pointe des pieds , sélectionnant minutieusement les lattes de plancher grinçant le moins , exercice que je constatais beaucoup plus facile à faire sobre comme à l’instant présent , plutôt que légèrement éméché , vers 3h du matin les années précédentes .
Cet exercice périlleux allait me prendre tout de même 2 minutes pour faire 3 mètres , tout en ayant doucement refermé la porte d’entrée , une abomination sans nom grinçant sur le dernier millimètre de fermeture , inexorablement .
J’ouvrais enfin doucement la porte de ma chambre .
Le noir total baigne la pièce . J’en connais le moindre recoin , cette chambre que j’ai aimé et honnis à la fois , ou j’ai aimé , pleuré , rêvé , gaffé , bref , ou le Nico a poussé , sans doute dans un confort trop cotonneux pour que je puisse un jour appréhender réellement ce qu’est la vie en dehors du cocon familial .
J’ai essayé de reproduire cette chambre dans mes nouveaux appartements . Vainement .
… Quelqu’un respire . Je ne le vois pas : je sais qu’il est la . Dans ce qui était mon lit , un intrus à oser y prendre place , et me remplace , moi , occupe mon rôle d’éternel dormeur , sitôt que j’ai le dos tourné et que je tente de faire face à ma vie et au monde extérieur .
C’est insupportable .
Mesquin , je songe à réveiller ce qui doit être un ami de ma sœur , décidé à lui montrer qu’il est chez moi , que personne ne me remplacera jamais , que j’ai beau payer des factures Edf , j’en reste pas moins l’éternel adolescent qui vit dans cet espace , présent ou pas , peu importe .
Je fais craquer une latte de plancher . Intentionnellement , évidemment .
« Nico ? C’est toi ? »
Horreur . L’inconnu . Celui qui me remplace . Celui qui me réveillait . Celui qui s’indignait de mes siestes à rallonge (2h de l’après midi , indécent c’était , selon lui) . Celui que , chaque fois que je l’observe à la dérobée , me renvoie par notre troublante ressemblance le reflet de ce que je serais dans 30 ans , au moins physiquement .
Mon père .
(…)
J’ai mis plusieurs mois à me remettre de cet étrange scène ou , dans un concours de circonstance matinal , le fils allait se retrouver dans le rôle du père , ce dernier réduit au rôle du Petit Nico que je fus et qui s’éveillait en sursaut comme s’il s’excusait d’avoir dormi , il y’a de cela 3 ans , déjà .
Au vu du succès du générique de "il était une fois la vie" , j'ai perdu inutilement ma journée constitué un nouveau tout petit blog , sur lequel j'ai rassemblé tout les génériques de ses dessins animés qui ont bercé notre tendre jeunesse pas si éloignée que ça d'ailleurs ...
Perso , cette série m'a traumatisé . J'ai mis des années à : - comprendre que les parents ne mouraient pas en se transformant en une petite boule créant un bébé . - comprendre que l'on a pas des petites capsules motorisées qui circulent dans le corps . - me sortir de la tête ce putain de "la vie , la vie , la vie , la vie ..."
Je fais un petit hors sujet rapide pour faire un peu de pub à une amie Toulousaine , Johanna Luz , passée sur TLT récemment et dont la voix laisse … pantois .
Elle passe les 29 et 30 Mars prochain à la salle bleue Croix Baragnon , les fans de Jazz ou de belle voix devraient vraiment y passer .
Pour se donner une idée , cliquez sur l’image ci-dessous :
Maj > Il semblerait que TLT n'ait rien trouvé de plus intelligent que casser le lien quelques minutes après mon post .