30 décembre 2025
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23:08
Y’a des matins comme ça, à Montréal.
Le réveil sonne à 6h30, mais en réalité c’est le plus jeune des Poiriers qui décide de l’heure. Un hurlement strident qui traverse les murs comme si on avait oublié d’isoler la maison (spoiler : on n’a pas oublié, c’est juste que les enfants québécois naissent avec des poumons de chanteur d’opéra). Je me lève en mode zombie, enjambant le chat qui, lui, a décidé que le couloir était le parfait endroit pour une sieste stratégique, histoire de maximiser les risques de Poirier facial (vous savez, cette chute spectaculaire où on vole littéralement par-dessus l’animal avant d’atterrir en étoile de mer sur le plancher).
Brune (oui, toujours la même, miracle de la persévérance amoureuse malgré mes talents légendaires en galères domestiques) est déjà dans la cuisine, en train de préparer le déjeuner des mouflets. L’aîné, qui a hérité de mon génie pour les pertes d’objets, hurle parce qu’il ne trouve plus sa tuque préférée. Celle avec le logo des Canadiens, évidemment. Je la retrouve cinq minutes plus tard… dans le frigo, à côté du lait. Ne me demandez pas comment elle y est arrivée.
Mystère génétique, sans doute.
Devenu papa au début de la trentaine – par surprise, disons-le franchement, parce que rien ne vous prépare vraiment à ça, même pas les nuits blanches étudiantes à Toulouse – j’ai découvert que la paternité, c’est un peu comme immigrer au Québec : tu crois que tu vas gérer, tu as lu les guides, tu parles un peu la langue, et puis bam, premier hiver à -30°C et tu te demandes pourquoi tu n’es pas resté sous le soleil du Capitole.Prenez l’hiver, par exemple. À Toulouse, la neige, c’était un événement rare qui paralysait la ville pendant trois jours. Ici, c’est six mois de l’année. Et avec des enfants, ça devient une épopée. L’habillage pour sortir : tu commences à 8h pour un départ à 8h30. Botte de neige droite, botte gauche, tuque, cache-cou, mitaines (pas les gants, les mitaines, parce que sinon ils ne peuvent pas faire des boules de neige… interdites à l’école, d’ailleurs, sécurité oblige). L’aîné refuse la combinaison parce que « ça fait bébé », le cadet hurle parce que la fermeture éclair lui pince le menton.
Et moi, en bon père français expatrié, je transpire déjà comme si j’étais en train de courir un marathon sous les tropiques.
Une fois dehors, c’est le festival. La pelle à neige qui pèse trois tonnes, la voiture à déglacer (et oui, j’ai encore oublié de la brancher la veille, donc la batterie fait la grève), et les enfants qui courent partout en criant « Papa, regarde, je fais un ange ! ». Sauf que l’ange finit toujours par un Poirier classique : visage dans la neige, larmes, et retour forcé à la maison pour changer les vêtements mouillés. Résultat : on arrive à la garderie avec vingt minutes de retard, et je fais mon plus beau sourire d’excuse à l’éducatrice qui, elle, est zen comme un moine bouddhiste sous sirop d’érable.
Le travail ? Ah oui, j’en ai un. Expert en pubs payantes maintenant, fini le droit inachevé et les prud’hommes gagnés de justesse. Je bosse de la maison trois jours par semaine, ce qui est génial… jusqu’à ce que les mouflets soient malades. Là, c’est réunion Zoom avec un enfant sur les genoux qui te demande toutes les cinq minutes « Papa, c’est quand qu’on mange des poutines ? ».
Et l’autre qui décide que le meilleur moment pour apprendre la batterie, c’est pile quand le boss parle budget.
Mais bon, il y a les moments magiques aussi. Ceux qui te font oublier les galères. Comme quand on va patiner sur le lac aux Castors, et que l’aîné fait ses premiers pas sur la glace sans tomber (miracle, vu l’héritage familial). Ou les matins de tempête où l’école est fermée, et qu’on passe la journée en pyjama à faire des crêpes (parce que papa refuse d’abandonner complètement ses racines françaises).
Brune me regarde avec son air de « t’es un grand enfant », et je sais qu’elle a raison.
Être papa à Montréal, c’est un peu comme avoir gagné à la loterie génétique : tu hérites d’enfants bilingues qui te corrigent sur ton accent quand tu dis « tabarnak » de travers, qui grandissent entre poutine et baguette, entre hockey et foot. Et toi, tu te dis que malgré les Poiriers quotidiens, les hivers interminables et les factures de déneigement qui te font regretter Toulouse, ben… tu ne changerais pour rien au monde.
Parce que quand le plus petit te dit « Je t’aime papa » avec son accent québécois adorable, tout le reste devient secondaire.
Même la tuque dans le frigo.
(Un article 100% inventé par chatgpt, j'étais curieux de voir s'il saurait recopier mon style. Je dois concéder qu'il y'a de l'idée)





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