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Ringardises Musicales

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« Nous Sommes Tous des Petits Nicolas »

Une discussion récente m'a amené à penser que j'étais d'une certaine manière un « petit Nicolas » moderne , dont les amis ne s'appelleraient pas Alceste et Joachim mais Mathieu et Ben , et qui ne serait non pas passionné par la télévision en couleur de Geoffroy mais par la connexion internet Haut débit proposée par Free .

Les temps changent , les personnes grandissent ! On m’a offert mon premier « petit Nicolas » le jour de mes 10 ans , j’étais dans les cartons et ma famille et moi quittions Paris pour Toulouse .
Depuis , le Petit Nicolas s’ennuie sur mon étagère mais reste éternellement jeune pendant que je continue à grandir . Mon visage change quand son sourire reste le même …
Un vrai portrait de Dorian Gray !

Le petit Nicolas peut-il devenir un adulte ? L’hypothèse apparaissait tellement monstrueuse aux yeux de Sempé qu’il dut inventer un personnage , Marcellin Caillou , pour imaginer par procuration ce à quoi ressemblerait un petit Nicolas qui aurait continué de vieillir .

Manque de chance , Goscinny et Sempé n'avaient pas prévu que le Petit Nicolas avait un clone portant le même prénom , clone qui aurait il est vrai également quelques similarités avec Gaston Lagaffe . Manque de chance toujours , ce clone c'est moi . Mais bon , par modestie sans doute , je dirais que ...

... Nous sommes tous des petits Nicolas …

NicK
(Kiforever@hotmail.com)
Mercredi 14 mai 2008
Hey ho les aminches !

Brune et moi sommes à Paris jusqu'à ce soir, puis en Irlande jusqu'à samedi ...
... Normalement, du moins .

C'est fou, j'avais jamais entendu parler d'un aéroport international (intergalactique ?) à Beauvais.
Et c'est marrant, c'est également le cas de toute personne à Paris ne travaillant pas pour Ryanair, visiblement.

... Et encore.

Bisous à tous et à toutes.
Nic&Brune


par Nicopoi
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Samedi 10 mai 2008
"De toute façon tu n'as rien compris aux mecs..."
 
... Peut-être que je ne comprends rien aux mecs. Mais je pense bien avoir cerné la bête.

La bête n'ouvre la bouche le matin que pour avaler son café et pour émettre des grognements. C'est ainsi que j'ai du apprendre à parler le langage bestial pour pouvoir communiquer avec elle.
Elle: Hum! Hum?
Moi: Hum!
Elle: GRRRRR, argh hum.
Moi: Hum.
Elle: Hummmmmmmmmm!
Soit "Salut, tu me gratte le dos", "Non j'ai la flemme", "Allez steuplé je ferais le café", "Bon ok", "hummmmmmmm".

C'est que la bête, faut pas la contrarier.

Première leçon : on ne la contrarie pas. J'ai retenue cette leçon un beau jour de shampoing. Ces jours là, la bête n'est plus la même, le poil de son crâne se métamorphosant en une toison aux contours flous et volumineux, qui focalisera son attention pour le restant de la journée. Mais le pire, c'est quand un de ces poils cranien tente de s'échapper de cette toison eddymitchelienne pour rester accroché au peigne/col/doigts de sa main. Le moindre de ces poils suicidaire plongera alors la bête dans une longue contemplation éffarée, comptant du bout de ses 24 doigts combien le temps passe vite.
C'est avec persévérance que j'ai du la convaincre que ce n'est pas en se laissant le poil gras que ce dernier restera collé à son crâne pour autant.

Deuxième leçon : aprés autant d'émotion, la bête, il faut la distraire. J'ai pour pour habitude de l'emmener dans des endroits où d'autres bêtes de son espèces se retrouvent pour boire des mètres de bières et/ou jouer au risk (jeu où la conquête du monde se joue aux lancé de dés). La bête pourra alors et enfin se prouver qu'elle peut être le maître du monde, ou bien, elle pourra
à défaut se prouver qu'elle peut encore avaler a elle seule 5 litres de bière et continuer à lancer les dés sur la table. Avant de rouler dessous bien sûr ...
Mais le péché mignon de la bête en matière de distraction c'est quand même la bonne vieille console. Plus elle est vieille, et plus les jeux sont démodés, plus elle aime ça. C'est ainsi que le sol de notre salon n'est devenu qu'un dédale de câblages et multiprises lui permettant de jouer à celle qu'elle veut, quand elle veut.

Troisième leçon : la nourriture. J'ai compris au fil du temps et à mes dépends que la bête ne mangeait les légumes que noyés sous la crème fraîche et étouffés par le gruyère. Nous mangeons donc nos 5 légumes par jour pour rester en forme, en mangeant trop gras et trop salé. Et puis avec la bête nous avons appris à nous remplir la panse jusqu'à ce qu'étouffement s'ensuive, ce qui fait que si vous croisiez un jour, au sortir d'un resto, un couple roulant sur lui même, eh bien pas de doute : c'est nous.

Quatrième leçon : le sexe. C'est lorsque les grognements du matin ont laissé place à des mots et que les calins dans le dos ont été efficaces que le moment est le plus propice. Mais les jours où le reveil sonne trop tard, la bête doit se rabattre sur la journée ou la soirée. Et là, parfois la bête, elle à la flemme. Parce que entre l'idée de sexe et le passage à l'acte, il existe une étape que la bête ma foi n'aime pas beaucoup et qu'elle jugera facultative : les préliminaires (Vous aussi... ahhhhh...).
... Donc la bête grille les étapes en ce contentant de l'essentiel. Beh oui a quoi ca sert d'enlever le haut?


Voilà pour les grandes lignes de l'hygiène de vie de la bête.
Mais peut-être que oui, je n'ai vraiment rien compris au mecs ?

 
Toute ressemblance avec des bêtes existantes dans vos maisons serait complètement fortuite.


par Nicopoi
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Jeudi 8 mai 2008

 

 
Un lundi Matin. 
Une terrasse de café d'un bled paumé de l'Est de la France.

J'aurais pas du prendre un chocolat chaud.

Après des années à tenter de transformer mes globules rouges en café moulu, je devrais savoir que je ne suis jamais autre chose qu'un zombie décapité tendance tétraplégique-manchot, le matin, jusqu'au moment du moins où je me serais injecté ma dose minimale de caféine dans les veines.

Mais dans un moment d'égarement, j'ai considéré qu'un chocolat chaud ferait plus l'affaire pour adoucir ma gorge en feu (je suis aussi hydraté qu'un grain de sable -de la partie du Sahara Occidental où ont été pratiqués les essais nucléaires de l'Armée Francaise-, un lundi matin après 4h de sommeil) qu'une énième dose de café.

... Erreur fatale, j'ai par conséquent la gorge en feu et une démarche de zombie décapité.

Les habitants de la ville ou je me trouvais ont du me prendre pour Elliot, le gentil dragon.

A tord : je ne suis pas gentil.

(...)

« Bonjour, je suis navré de vous interrompre, mais je cherche le Tribunal de Grande Instance, pourriez-vous s'il vous plait me dire où il se trouve, je vous prie ?
- Hein ? »

C'est un véritable problème : à force de faire crouler mes phrases sous les formules de politesse pompeuses, les trois quarts de mes interlocuteurs en oublient la nature exacte de mes intentions.

... Et il m'arrive d'oublier ce que je voulais demander moi même aussi, mais c'est plus du à mon coté tête en l'air.

Je suis très tête en l'air.
Comme en attestent indiscutablement les mentions réccurentes sur ce point des carnets qui ont parcemés ma scolarité.

Les profs sont méchants.

« ... Le Tribunal de Grande Instance ? C'est simple, vous continuez sur cette rue, puis vous irez à droite et vous y serez ... »

Aie. Sur le plan que je me suis imprimé (et que j'ai oublié. Je suis très têt... ah zut, déjà dit), j'aurais plutôt dit à gauche, moi.
Bon, je prends cette direction, on verra à l'extrémité de cette rue.

Je marche 10 minutes, sous un soleil de plomb rendant peu justifiés les habits sérieux dont je suis affublé, et surtout, rendant totalement périmé le déodorant dont j'ai pourtant sacrément abusé.

Entre déo de qualité moyenne à outrance et l'odeur de chocolat chaud que ma bouche doit régurgiter bien malgré moi (c'est fou comme le corps décuple les odeurs qu'il ingurgite en période de manque de sommeil !), pas à dire : j'ai intérêt à ce que ma présence soit extraordinairement brève dans cette ville.

Dès fois qu'ils y pratiquent encore la chasse au dragon ...

Ca y'est, on va encore m'accuser d'avoir une vision vilement-rétrograde des villes de moins de ... enfin, avec peu d'habitants.

... de moins de 70 ans. Pléonasme, quoi ...

J'arrive enfin au bout de la rue. Toujours pas de tribunal en vue. Comment ais-je pu m'arranger pour d'une part m'imprimer en docs de quoi lancer une armée de colporteurs dans les rues du Nord de la France prêts à jurer que ce qu'ils vendent est un bon bouquin pour lutter contre l'absence de transit intestinal, et d'autre part ne pas avoir pensé à prendre le petit plan que je m'étais laissé bien en évidence sur mon bureau ?

Je suis dubitatif. Dubitatif ET perdu.
Mais bon.

« Bonjour, je cherche le Tribunal de Grande Instance.* »

*Certaines répliques originelles ont été modifiées pour la lisibilité de ce texte.

« Hein ?* »

*Certains habitants des petites villes de l'Est mériteraient la lapidation à coups de chaussettes sales pour les inciter à rendre littéraire la retranscription de leurs élucubrations.

Une autre personne, vite.

« Bonjour, je cherche le Trib... le Palais de Justice. 
- Mais vous lui tournez le dos, bondju ! »

Rester calme, à tout prix.

Une autre personne, ou je fais un Leerdamer. Malheur.
Bordel, pourquoi n'ais je pas pris un café ?

« Bonjour, je cherche le truc avec une balance sur la facade ! »

Aucun Nico n'a été (grièvement) blessé durant le tournage.

« Ah, le Tribunal ? Vous n'en êtes pas loin, marchez tout droit dans cette direction et dans 3 minutes vous le verrez ... »

Un coup d'oeil à ma montre. 9H15. Ouf, je serais même 5 minutes en avance.

« ... Par contre, je dois vous prévenir qu'il a été dynamité il y'a 2 ans, donc ses services ont été dispatchés un peu partout dans le reste de la ville ... »

Cette dernière réplique est rigoureusement authentique.

(...)

... Ce qu'il y'a de magique avec la guigne, c'est que c'est quand on croit l'avoir laissée derrière soit qu'elle revient au galop.

En ce qui me concerne, elle aurait même une certaine furieuse tendance à user du TGV.
Bah.


Ps : Pouah, ce qu'il est mal coiffé ce gamin (ci-dessous) !
... C'est bien simple, on dirait moi à 6 ans.

J'étais coiffé comme le "Garçon Kinders" à 6 ans. Une manière de me prédestiner, quoi ...

 

par Nicopoi
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Mercredi 7 mai 2008
Ce matin.

Y’a des jours comme cela où l’on se sent tellement bien que le fait que la moitié du contenu d’un camion de gravier se soit déversé dans vos yeux (l’inconvénient du vélo et des jours de grand vent …) ne saurait entamer votre bonne humeur liée au fait que vous ne vous rendez non plus à votre stage, mais à votre nouveau boulot.

A force d’éplucher des oignons à la maison, mes yeux sont devenus aussi blindés qu’un char Leclerc.
Soit, mauvais exemple.

J’arrive à proximité des locaux du bureau, et monte alors sur le trottoir, toujours sur mon vélo, afin de le poser contre une barrière bien en vue des fenêtres.
Parce que bon, 4 vélos en autant d’années, cela fait tout de même cher du moyen de transport écolo.

Le drame s’est produit trop vite.
Alors que le trottoir offrait une largeur suffisante pour laisser passer une armée de sumos se rendant à un congrès sur la sur-obésité des sumos, une espèce de vieille aigrie se mit délibérément dans ma trajectoire, m’obligeant à un freinage périlleux qui manquait de m’envoyer goutter la saveur des platanes de 20 ans d’âge.

A force de goutter les platanes de la sorte, laissez-moi vous dire que je me suis offert une réputation de connaisseur de premier ordre.

Alors que j’en étais encore à tenter de reprendre un rythme cardiaque normal pour un Nico (à savoir celui d’une personne consommant une moyenne de 6 mugs de café par jour et découvrant les joies du Red-Bull vendu en France tout de même), la vieille se sent dans l’obligation de ne pas rester discrête au mépris des règles les plus élémentaires de prudence en matière de Nico énervé (jurisprudence très nourrie), et de porter une attaque à l’encontre de ces « jeunes qui ne respectent rien ».

Hum.

« Vous devriez roulez sur la route ! Et vous excuser, grumbl ! »

C’est fou la vitesse à laquelle je peux passer d’un visage souriant et paisible à celui d’un T-Rex colérique à qui l’on aurait grillé la priorité à un stop.

« Non mais cela ne vas pas ? Espèce de vieille conne, vous vous êtes foutue dans mon chemin quand j’avais fait exprès de laisser la place pour vous éviter !
- Mais … mais … du resp…
- Du rien du tout ! Vous n’êtes qu’une sinistre buse qui m’emmerde, je n’ai aucun respect envers la vieille râleuse sure de son droit -à tord- que vous êtes. Dégagez de ma route, au revoir. »

(…)

On dira ce qu’on voudra, l’article du journal « Le Point » sur le casse du siècle de la semaine dernière a rompu irrémédiablement les dernières traces d’humilité que je pouvais encore afficher devant ce qui a des tempes grisonnantes et une voix de crécelle.

Non mais enfin !



par Nicopoi
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Mardi 6 mai 2008

Dimanche.

C’est les oreilles vibrantes comme si un A380 leur avait murmuré aux oreilles que je sors de mon job, aux alentours de 16h et après 7x60 minutes à entendre des petits vieux s’étonner vivement qu’un dimanche matin de début Mai, le chauffage collectif soit déjà coupé.

C’est fou ce que cela devient curieux un petit vieux un dimanche à 8h du mat.

… Je songe à faire l’acquisition à fins professionnelles d’un haut parleur transportable de 10000 décibels ...

Je rentre chez moi vivement, du moins dans la mesure où mes jambes aussi flageolantes qu’un Dany (Allez Lambert, ca ira mieux …) me le permettent, je remplis l’écuelle de croquettes de brune, borde les chats et chausse une touffe de poils au sol sous laquelle je suppose ou l’espère, se planquent mes chaussures, et le sac à dos sur ma bosse Quasimodienne (faudra tout de même que je songe un jour à soigner cette petite scoliose, tiens), me voilà dans une voiture qui m’amène à l’aéroport.

Vers une nouvelle vie, celle où j’ai un travail sérieux, et des responsabilités.

… Ca y’est, une sorte de Ducran/Lapoigne bis m’a embauché …

Quelqu'un saurait comment se négocie un préavis dans un futur-ancien emploi de standardiste ?

(…)

A l’aéroport, ca n’a pas été évident tout de suite de se rendre compte du changement. Faut dire, je suis probablement tombé sur les pires employées au sol que la compagnie Facileavion (*oui, certains noms ont été modifiés pour le respect du droit à l’anonymat des victimes) ait jamais employé.

Parce que bon, se faire envoyer de salle d’embarquement en salle d’embarquement 3 fois de suite en 5 minutes, je pense tout de même que cela reste un record.

Je suis un des principaux contributeurs du Guinness à la rubrique « ridicule tendance pathétique ».
A mon grand désarroi.

Je suis enfin dans l’avion. L’avion, tu as beau être confiant et te dire que ta 306 est autrement plus problématique pour ta sécurité qu’un jet révisé à chaque vol, dès lors que les portes de l’avion se ferment, tu ne peux pas t’empêcher de penser « il me reste moins d’une minute pour hurler et dire que je veux sortir de l’avion on-va-tous-mourir ».

Réflexe étonnant, au demeurant.
Destination Finale a fait beaucoup de dégâts dans l’assurance des Nicos en avion.

Au moins autant que les Dents de la Mer. C’est un exemple pas fortuit du tout.

L’avion décolle, et je commence enfin à faire semblant de lire mon journal avec un air sérieux d’homme d’affaire, ce qui me semble pas crédible quand le matin même, je n’étais rien d’autre qu’un gamin hurlant de rire devant cet abruti de Demesmaeker qui me semble tout de même bien louche à revenir obstinément pour faire signer ces contrats, malgré ses infortunes subies diverses et variées.

Je parie que le contrat prévoyait la délocalisation des éditions Dupuis.
Gaston, ce héros méconnu …

Il fait froid sur mon fauteuil. Non, c’est pas exactement ca. Il y’a, comme qui dirait … bon dieu ! Un courant d’air ! Oubliant les règles de pressurisation et qu’un courant d’air à une certaine altitude n’aurait pas pour seule conséquence de me décoiffer (pléonasme, d’ailleurs), voilà le Nico en train d’inspecter discrètement l’état de la carlingue à son immédiate proximité.

Ceux derrière moi ont du me prendre pour un fou en me voyant passer la main sur la paroi, les yeux scrutant la structure un peu comme un terroriste se demandant si sa dynamite aurait plus d’effet sous ou au dessus du hublot.

Pour l’image d’homme d’affaire sérieux, on repassera.

(…)

J’ai passé le voyage entier à grelotter.

Et c’est arrivé à l’Aéroport de Lyon, première étape de mon voyage, que j’ai constaté que décidément, non, les courants d’air n’existent pas dans les avions.

Mais que la clim individualisée au bouton on/off juste au dessus de la tête, ca, oui ca existait.

… Allo, Guinness ?


par Nicopoi
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