Bienvenue sur le blog du Petit Nicolas mais en Plus Grand ! Ce blog présente les navrantes aventures d'un ex étudiant en droit gaffeur et étourdi, sous la forme de petites histoires tirées de la vie réelle et tournées monstrueusement en auto-dérision. Depuis Juin 2011, le blog traite de mes nouvelles aventures au Canada et de mon installation à Montréal. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu les anciens posts pour comprendre les nouveaux, ceci étant, et si c'était par la fin du blog que tout commençait ? Alors pour reprendre depuis le début : 31 Octobre 2005 - Halloween et moi Bonne lecture ! Nicopoi@GrandNicolas.com
Sortir avec un bi, c’est cool.
Déjà il faut réussir à l’avoir, y a le côté aventure, défi, conquête. Normal, y a deux fois plus de concurrence aussi, mine de rien. Il faut se battre. Eh oui, un garçon qui est à nos pieds dès la première seconde, prêt à se plier à nos quatre volontés et à déclarer sa flamme à la première occasion, ça n’a aucun intérêt, c’est beaucoup trop facile, au mieux on l’utilise quelque temps, au pire on le rejette misérablement. Alors que le bi, une fois qu’on l’a eu, on peut s’encenser fièrement : " c’est moi qui l’ai eu, c’est moi qu’il a préféré, avant toutes les autres, et avant TOUS les autres ". Grosse bouffée d’auto-satisfaction et croissance époustouflante du taux de confiance en soi. Aaah, ça fait du bien au moral de sortir avec un bi.
Et puis sortir avec un bi, ça fait très tendance aussi, ça entraîne forcément des réactions ; les plus admiratives (" Félicitations, beau tableau de chasse ", " Cooool ! "), les plus écoeurées (" Ah non mais vraiment, mais comment tu fais ? "), les plus sarcastiques (" Hun hun alors tu te prends des censuré ?! "), mais une chose est sûre ça ne laisse pas indifférent. Alors quand on sort avec un bi, on s’en vante, et on a bien raison, et oui, encore une fois, c’est bon pour le moral et pour l’ego toute cette attention soudaine que l’on porte à nos mœurs sexuelles.
Ensuite, le bi assume parfaitement sa part de féminité. Il va comparer la taille de ses cuisses à celle de son pote (tout de même, je dois avouer que cette conversation que j’ai surprise malgré moi m’a parue fondamentalement irréelle), faire des commentaires sur les boucles d’oreilles et les serre-têtes des copines, remarquer les nouvelles chaussures et voire même la nouvelle ombre à paupières. C’est un peu comme un copain-copine. Sortir avec un bi, c’est cool, et c’est divertissant.
Mais attention au revers de la médaille. On l’oublie toujours celui-là, mais ça serait tellement moins amusant sinon. Parce que la principale caractéristique du bi c’est quand même son instabilité. Il est indécis, confus, indéterminé. Il hésite, il est n’est émotionnellement pas équilibré, et ça se sent. Il souffre d’une cyclothymie exacerbée – pire que le pire des cyclothymiques, et je sais bien de quoi je parle – entre amour passion et indifférence glaciale. Alors en fin de compte sortir avec un bi, c’est peut-être cool mais c’est aussi très compliqué (je sais on pourrait croire que je me contredis, mais la phase compliquée, c’est motivant au début, mais C’EST TOUT). On ne sait jamais à quoi s’attendre, ni comment réagir, ni où se placer (et loin de moi tout jeu de mots ou idée mal placée). Et ça, c’est fatigant à la longue.
Enfin, quand on dit " bi ", on pense " sexuellement ouvert d’esprit ". Alors là pour le coup je me suis profondément fourvoyée. Totalement faite avoir. Ou il y a eu erreur sur la marchandise, ou alors y a une étape que j’ai pas du savoir déchiffrer dans le mode d’emploi. Faudra qu’on m’explique le phénomène un jour. Donc sortir avec un bi, ça peut paraître cool, mais ça ne l’est pas autant qu’on voudrait le laisser croire.
Au moment où j’écris l’indifférence glaciale a pris le pas – et bien comme il faut – sur la passion initiale, et j’attend patiemment (patiemment c’est synonyme de péniblement ?) qu’il ait les couilles de me dire que c’est fini.
C’est pas très très grave, je commence à avoir l’habitude de ce genre de situations maintenant, ça en devient presque répétitif.
Mais oui, j’en trouverai un bien.
J’en trouverai un bien…
Je vais maintenant personnaliser un petit peu toutes ces théories fumeuses et fumantes.
« On » m’a souvent fait la remarque que si l’on devait un jour faire figurer dans un musée le maitre étalon du cœur d’artichaut, je serais le premier à pouvoir postuler pour l’emploi, et pas uniquement à cause de mes poils.
Bien que se soit un plus pour le Cv, soit.
Je tombe amoureux en des temps frisant la démence, ce qui implique que bien souvent, je ne connaissais pas le prénom de celle qui allait obséder mes pensées quand je l’embrassais pour la première fois. Par exemple, je n’ai appris que très récemment que Fanny, dont j’ai été amoureux 8 mois, ne s’appelait en fait que Stéphanie.
La musique en boite, c’est l’horreur pour des présentations.
De la même manière, donc, que je tombe amoureux en un battement de cils (je devrais figurer dans le petit robert à coté de cette expression, j’harcèle -entre autre- l’éditeur en ce sens), eh bien je pratique le cul le plus rapidement possible.
Hop hop hop on ne s’emballe pas : je ne parle pas de précocité, mais d’attente avant de le faire.
Tout de suite à vous imaginer des trucs, médisants …
Je n’aime pas attendre, donc, avant de passer à l’acte. Cela a plusieurs implications : la théorie du « pas le premier soir » me fait doucement marrer, et je tente le plus souvent a coups de massages ou de léchouillages d’oreilles de convaincre ma moitié du moment d’accepter de former un tout, convictions ou pas.
Je connais peu -en toute prétention- de convictions qui résistent à un massage des fesses.
Ensuite, j’aime bien passer un certain temps à chauffer l’ambiance en usant de façon honteusement abusive de ma voix douce et suave, qui je dois le dire à ma grande surprise a parfois même eut plus d’efficacité, disons et par exemple, qu’un massage des fesses.
Encore une raison pour laquelle je préfère consommer le soir que le matin : ma voix douce et suave ne ressemble pas à grand-chose le matin au réveil.
Elle tient plus du canard enroué façon Daffy Duck, pour situer.
Après des dizaines d’essais lamentablement foirés, j’ai depuis quelques années enfin assimilé la technique indispensable pour envoyer le message subliminal mais pas trop « on continue sur notre lancée ? » à celle qui aurait pu avoir des réticences, et qui ne saurait que trop rester sur ses puritaines positions sans cette « chose ».
J’enlève les soutiens gorges d’une main, en une seconde, et sans que l’autre s’en aperçoive.
J’attends volontiers vos témoignages pour juger de l’utilité de ce savoir faire …
Ensuite …
Tiens, si on attendait demain pour la suite ?
Ps : insultes et convocations judiciaires à envoyer de préférence sur mon adresse mail. Les remerciements sur la fin de ma pratique très personnelle de l’espace systématique devant la virgule sont à adresser au journal 20 minutes, qui à la délicatesse de m’employer ces jours ci …