Pas de doute :
Nous sommes a Barcelone les aminches ...
NB : Damned, quels claviers pourris !
Bienvenue sur le blog du Petit Nicolas mais en Plus Grand !
Ce blog présente les navrantes aventures d'un ex étudiant en droit gaffeur et étourdi, sous la forme de petites histoires tirées de la vie réelle et tournées monstrueusement en auto-dérision. Depuis Juin 2011, le blog traite de mes nouvelles aventures au Canada et de mon installation à Montréal. Il n'est pas nécessaire d'avoir lu les anciens posts pour comprendre les nouveaux, ceci étant, et si c'était par la fin du blog que tout commençait ?
Alors pour reprendre depuis le début : 31 Octobre 2005 - Halloween et moi
Bonne lecture !
Nicopoi@GrandNicolas.com
En l'espace de quelques semaines, ma vie a connu quelques soubresauts au moins aussi conséquents que ceux connus par les reins d'un acteur porno.
Non, je ne regarde pas de porno.
J'y suis contraint professionnellement par intermittences. Nuance.
Après de trop nombreuses années à répondre au téléphone notamment à de vieux hypocondriaques (pléonasme, soit) ne comprenant pas qu'un opérateur puisse refuser de leur passer au téléphone leur médecin un dimanche soir aux alentours de 23h, je suis passé à une vie proche de celle d'un archéologue fictif dont les exploits bien connus ont été récemment malmenés par une suite qui en terme de qualité n'a rien à envier à un sac poubelle premier prix 10L Lidl.
C'est fou les cris déments que je peux pousser quand ses maudits sacs se rompent sous le poids de la litière usagée de mes chats que j'y déversais.
Ainsi, mes semaines se découpent de la manière suivante. Du mardi au vendredi, je suis derrière un bureau à étudier des papiers qui coloriés en vert, seraient suffisant à redonner son apparence de il y'a 50 ans à la foret Amazonienne.
Qui a dit que dans les boites informatiques, le papier n'existait plus ?
Donc, 4 jours par semaine, je suis un employé à l'apparence sage et à la barbe hirsute, s'échinant à répondre par courriers dans un langage diplomatiquement étudié « non » à des andouilles qui au nom de la démocratie demande à ce que je me conduise plus sectairement que Pol-Pot lui même.
Le net est peuplé de petits dictateurs.
Et mon bureau ressemble furieusement à celui de Gaston Lagaffe, aussi.
Mais le dimanche après midi venu ... je me transforme en Indiana Nick .
(...)
Trains, avions, les transports Français n'ont plus de secret pour moi.
Et vu ma légère tendance à semer un peu partout la moitié de mon cerveau mes papiers (personne n'aurait retrouvé mon permis de conduire dans un TGV ? Non ? Ça valait le coup d'essayer) derrière moi, je n'ai plus aucun secret pour les transports Français.
Le sac sur ma scoliose (j'ai un ordinateur portable au poids proche du premier modèle d'ordinateur jamais conçu par IBM), j'attrape le métro, toujours au dernier moment, la navette air France, toujours en m'inquiétant de n'avoir que 2 heures d'avance, le ID-TGV, systématiquement en recherchant inconfortablement en marchant mon papier de réservation alors qu'il me suffirait de prendre 3sec pour le trouver ...
Tout ça pour perdre 15 minutes derrière le crétin qui lui a attendu d'arriver au contrôle pour chercher son billet, quelque part dans son container sa valise.
Parce que j'ai la flemme de chercher autre chose, je débarque systématiquement dans des hôtels ibis, dont l'incroyable originalité est de ne pas en avoir (d'originalité) et de ressembler à l'hôtel dans lequel des petites filles souhaitent que Danny joue avec elles et dans lequel également Jack Nicholson souhaite mettre au point un nouveau concept de puzzle humain.
Faut avouer que question ambiance, un hotel ibis c'est plus proche de la morgue que de Ibiza.
En même temps je dis ça, je connais pas Ibiza.
Je me lève aux aurores le lundi matin, l'estomac même plus au bord des lèvres mais directement dans mon assiette, avalant un café dégueu et une red-bull tiède, et le cœur flasque et les jambes vaillantes (ou l'inverse), je prends la direction des tribunaux de France et de Navarre, pour y affronter pire que des tribus incas cannibales, des mygales androgynes et des retraités de la CGT :
des avocats.
Oui je sais, c'est horrible. Brrr .
My name is Nick. Indiana Nick ...
Ps : ok , je sais , on a fait des come-back dans l'histoire moins déjantés. Et alors là j'ai envie de dire : « et alors » ?
Ah mais .
C'est un peu comme lorsque je suis parti de Jean Jaurès.
Je me souviendrais toujours de quand je suis parti de chez mes parents . C'est bien simple : c'était probablement le pire jour pour en partir . Nous étions en Juin , il faisait une température à libérer drastiquement de la place en maison de retraite , et j'étais en plein exams : indéniablement le moment idéal pour enchainer les allers retours de 400 mètres séparant mon premier appart du cocon familial , les bras chargés de meubles tellement lourds que je les soupconne d'être responsable de l'étonnante musculature qui fait la fierté de mes bras encore aujourd'hui, 5 ans après les faits .
Je suis une guimauve aux bras de musclor .
Pas toujours facile à assumer sur les plages .
Rectification : c'est totalement impossible à assumer .
Lorsque je m'étais retrouvé , le soir venu , dans mon nouvel appartement mais également le nez dans mes cours pour une révision de dernière minute (ce qui en langage nicolien signifie : première lecture aux alentours des 3h du mat qui précèdent l'examen , quelques demi-heures plus tard) , je m'étais rendu compte que tout compte fait , y'avait peut-être un vice de forme quelque part dans le contrat qui avait prétendument stipulé : prendre ton appart te permettra d'avoir une vie « cool » .
Dégoulinant au dessus de ma copie et assis sur une chaise qui aurait soulevé le coeur du pire des inquisiteurs , le doute était permis .
C'est fou ce que les étudiants peuvent se munir de meubles crétinement inconfortables .
(...)
Je suis assis derrière mon bureau de « standardiste » , une vue sympa sur un soleil se couchant sur Toulouse , ce qui m'amène à objecter que vu son rendement de ces derniers jours , il doit pourtant pas être sacrément fatigué , le bougre .
Ce sont mes derniers appels d'andouilles se plaignant de mille et un maux , le un correspondant au fait qu'ils trouvent que le type à l'autre bout en ligne n'est tout de même pas très compétent pour résoudre leur problème gravissime .
Non , sinistre crétin : le fait que votre jeune voisin écoute de la musique à 21h ne me pose pas de problème .
Je regarde le plateau sur lequel j'ai bossé et en fin de compte , comme avaient l'air de le sous-entendre mes nouveaux anciens patrons , sacrément grandi , puisque en moins de 4 ans , j'ai tout de même réussi à arriver , sur la fin et de temps à autre , à l'heure , ou si peu s'en faut .
J'ai tout de même une notion très particulière de « ponctualité » .
(...)
J'étais à un boulot facile et au final , plutôt sympa .
Mon nouveau est génial et probablement encore plus sympa . Et j'ai fait l'impossible et plus encore pour le décrocher .
... Alors pourquoi suis-je si terrorisé à l'idée que dans 1 heure et 5 minutes , il ne sera plus que LE travail ?
Ps : Ce texte a été intégralement rédigé avec mon habitude ridicule de mettre des espaces partout .
Ah mais .
Mercredi 14.
J'observe d'une terrasse de café l'agitation Parisienne et la tour Montparnasse, dont le bar panoramique est l'endroit idéal pour se gausser de ces andouilles de Japonais qui se la jouent bot-people au sommet de la Tour Eiffel pour une vue imprenable sur des jolies grilles de protection, et également idéal pour se mitonner un petit cancer aux petits oignons en ingérant d'adorables petites particules d'amiante, dont étaient friands les batisseurs de la fin des années 60.
Peut-être finalement que le prix exorbitant du café vise à facturer cette consommation fortuite ?
Bah.
Il est 17h30. Brune et moi devons prendre un avion à partir de Beauvais pour l'Irlande aux alentours de 23h, mais nous nous appretons déjà à nous rendre à la porte Maillot, afin d'y prendre une navette proposée par Ryanair pour atteindre l'Aéroport, navette dont la particularité est de partir de Paris 3h avant le début de l'enregistrement des passagers, qui lui intervient 2h avant le départ de l'avion.
Partir 5h avant le départ effectif de l'avion, pas à dire, la question de la pertinence de prendre l'avion pour se rendre en Irlande se pose.
Dommage qu'il n'existe pas de compagnie de location de trottinette, le choix se serait imposé d'office.
Après avoir pu nous faire une idée, un sac container sur le dos la scoliose, durant 30 minutes de métro aux heures de pointe, de ce que doit éprouver un moine Tibétain face à un char de construction Chinoise, nous arrivons Porte Maillot.
... Et arrivons à négocier avec le chauffeur du car afin qu'il stoppe son engin sans (trop) nous écraser les pieds.
Il faut le savoir donc : le départ de la navette Ryanair, c'est 3h30 avant le départ de l'avion.
Et également : l'amputation des doigts de pieds, c'est couvert par la sécu.
Nous tentons de reprendre notre souffle dans le car, alors que ce dernier fait une moyenne pour traverser Neuilly/La Défense (environ 1500 mètres) au rythme ébouriffant de 1500 mètres à l'heure.
Les incessants marche/arrêts effectués par le chauffeur à priori à jeun -quoique je ne puisse pas le jurer non plus- délocalisent mon estomac du coté de mes oreilles, tandis que ma brune se teinte d'une jolie couleur vert pomme comme j'en avais plus vu sur son minois depuis la fois où elle avait bu une quantité excessive d'alcool pour un être de si petite corpulence.
En même temps, je savais que ce n'était pas raisonnable, ce second verre de rosé.
Après 3h à visiter l'ensemble des banlieues sordides du Nord-Est de Paris et du noeud de voies rapides mais pas trop qui les constituent, nous arrivions effectivement à l'Aéroport International de Beauvais, qui à bien y regarder n'évoque pas tant que cela et quand on y réfléchit murement un Lidl en faillite.
En liquidation judiciaire, à la rigueur ?
Après avoir raqués 5 euros supplémentaires parce que je n'avais pas eu l'intelligence d'imaginer que cela ne suffisait pas de payer une somme suffisante à financer une guerre en Irak mais qu'il fallait aussi informer Ryanair que l'on comptait effectivement utiliser ces billets et non pas faire un feu de cheminée avec, Brune et moi nous asseyons à la table d'un sous-sous-sous self-service aux allures de SAV d'Auchan, et je sors mon Lg Viewty qui fait des photos terribles et d'abord je m'en fous de l'iphone, pour envoyer le message suivant à Mat et Tom, déjà en Irlande et qui pariaient déjà, les médisants, sur la probabilité que je les plante en Irlande.
Il y'a des précédents, il est vrai.
Mais je persiste à dire que je n'avais pas le choix lorsque j'étais parti un samedi matin à 6h après avoir vu quelques heures plus tôt le concert des Red-Hot : Brune m'attendait. Ah !
« Nous sommes à l'aéroport et enregistrés, c'est bon : nous sommes en Irlande dans 2 heures ! »
J'appuie sur Envoyer.
« Tum-dim-tum ! Le passager propriétaire de la valise rose dans le hall est prié de venir la récupérer »
Message en cours d'envoi.
« Tum-dim-tum ! Le passager propriétaire de la valise rose oubliée dans le hall est prié de venir la chercher de toute urgence ! »
Accusé de réception, message recu.
« Tum-dim-tum ! Les passagers sont priés de sortir immédiatement de l'aérogare (et de se rendre sous la pluie qui redouble,soit, pour marcher pendant 5 minutes pendant que leur ordinateur se prend pour une éponge jusqu'à un hangar à la con où ils risquent bien de passer la nuit, ah ah ah !) ... »
Presque rigoureusement authentique.
(...)
« Nico ? Nico ? Tu me fais peur, cela fait maintenant 30 minutes que tu es dans cette position foetale les yeux vitreux, tu veux pas me parler ? Tu sais, Mat et Tom comprendrons ! Nico ? Nico ? »

Le premier qui fait « pom pom pom » en commentaire , je le plombe (ou lui envoie les mémoires de Pascal Sevran , au choix) ...
Mardi 13.
Après deux bonnes heures à voler de métro en RER, je débarque enfin dans une de ces innombrables banlieues qui bordent Paris, et qui lorsqu'on les voit font nourrir des envies aussi folles -pour un Nicolas élevé au centre ville et aux bouffées de gasoil- que celles qui consistent à fantasmer sur la campagne.
Non, parce que bon, y'a un moment donné ou trop de béton tue le béton, quoi.
Quelques minutes plus tard, me voilà à l'entrée d'un tribunal, quoique l'apparence extérieure puisse suggérer que je me trouve sur le lieu de tournage d'un film d'horreur pour claustrophobes nommé « Cube », sentiment renforcé par le nombre de gens aux allures vaguement psychopathes qui errent à son entrée.
Et toujours ce goût prononcé pour le béton armé made in années 50.
J'en viendrais presque à adopter une vache à mon retour à Toulouse, tiens.
Passé des contrôles de sécurité aussi drastiques qu'à l'entrée d'un charter à destination de la Corée du Nord, je tente de m'orienter dans un dédale de couloirs bizarres quand mon téléphone sonne.
« Allo Nico ? C'est moi (Brune, vous pensez bien, tiens), je suis dans la voiture avec Mat et Caro.
- Parfait, vous arrivez dans combien de temps à l'aéroport de Rodez ?
- Euh ... Mat a pris par erreur l'autoroute de Narbonne, et ... »
Pour permettre une meilleure compréhension du récit, voici une illustration permettant d'appréhender toute la portée humoristique de cette dernière réplique.
Projo, Robert !

... Grâce à cette illustration remarquablement bien faite en Digicolor 65bits, vous avez bien compris que chopper un avion à Rodez était relativement compromis pour les passagers d'une 306 Rouge, ce mardi matin là.
Et pour une fois, j'y étais pour rien.
Si, si.
Je raccroche, légèrement énervé, mais je suis un professionnel (ou presque) et je reste concentré sur mon boulot à venir.
... Mais tout de même et au cas où, je ressors m'isoler discrêtement pour taper rageusement sans raison apparente sur une bête poubelle qui avait le tord de se trouver là.
Lache, mais ca défoule.
Après avoir repassé le contrôle de sécurité (qui dure une plombe, vu que je voyage aussi léger qu'un régiment de majorettes. Je n'aime pas les majorettes. C'est con une majorette. Mais je m'égare ...), je me dirige vers la salle d'audience. Je cherche des yeux la greffière. Ah ? Une femme ayant la coiffure de De Funès et des lunettes de scientifique miro ? Je me dirige vers elle d'un pas assuré.
... Je ne risque rien : je ne crois pas avoir de greffière dans mon lectorat.
Du moins, il vaudrait mieux, en fait.
« Bonjour, je viens en représentation de la société Ducran-Lapoigne ... »
Franquin, tu resteras à vie une source d'inspiration inépuisable.
« Ducrannn-Lapoooigne-uh ... C'est bizarre, je ne vois pas l'affaire, vous êtes sur de ne pas vous être trompé de Tribunal ? »
... Je comprends soudainement que les contrôles de sécurité à l'aéroport sont plus surement mis en place pour la préservation de la bonne santé des greffières que pour d'hypothétiques détournements d'avion ...
Mais je tente tout de même de garder un semblant de calme.
« Hum . Allons, vous êtes bien sure ?
- Oui mais ... ah, attendez ... société Ducran Lapoigne vous me dites ?
- Oui ... » réponds le Nico aux soudains yeux de chat potté.
- « C'est bon, je vois votre affaire ... »
Ma main qui ainsi discrêtement crispée sur ma jambe faisait office de garrot se décrispe enfin.
« ... Par contre, l'avocat de la partie adverse a oublié d'inscrire l'affaire. »
Hum.
« ... Ce qui signifie que je ne peux pas vous dire si l'affaire sera jugée ou non dans la matinée. »
Mon ventre gargouille, me rappelant cette amusante réflexion que je m'étais faite dans ma tête quand, nonobstant les toilettes du tribunal quelques minutes plus tôt au vague prétexte que j'avais aperçu un essaim de mouches s'en echapper en même temps qu'un individu en sortait, je m'étais dit « bah, ca pourra bien attendre quelques minutes ... »
J'ai envie d'étrangler un avocat.
Enfin, plus que d'habitude, disons.
Je ressors de la salle, l'oeil tellement injecté de sang que ma vue en devient proche de celle du lapin qui espionne Lhermitte et Anémone lors de leurs ébats aquatiques du père Noël est une ordure.
Mon téléphone sonne.
« Nico, nous sommes arrivés à Rodez à temps ... »
Enfin une bonne nouvelle. Mes yeux blanchissent un peu, au risque de me faire passer maintenant pour le Juge Demort lorsqu'il prend cette petite voix qui me rappelle ma tendre enfance, et ses cours de musique ou je me suis ridiculisé à fredonner l'air de la petite maison dans la prairie.
« Par contre, Caro n'a pas pu passer la douane avec sa carte d'identité périmée ... c'est pas grave, on prend le taxi puis le train et on te rejoins à Paris. J'ai acheté un billet pour partir de Beauvais avec toi ...
- Le train ? Paris ? Beauvais ? Mais tu as payé combien pour tout ça ???
- Ah , je passe sous un tun *Ding, les passagers pour l'avion R4459 sont priés de se présenter à l'embarquement !* nel ...
- Brune ! Brune ! Tu as payé comb tut-tut-tut ... »
Mon téléphone vient de virer aussi sombre que le compte bancaire d'une brune après des achats de billets intempestifs. Je ne pourrais pas joindre l'abruti d'avocat qui me retiens de par son absence prisonnier d'une ville de béton armé. Mon ventre émet un nouveau gargouillement inquiétant.
Vie de merde.
(Suite et fin demain ...)
NB : Faut que j'arrête d'écrire des titres sans queue ni tête .
Oui , donc , sinon , je disais : je vous recommande vivement la lecture de ce blog , celui de David Abiker , entre autre chroniqueur de l'émission Arret sur Image et plus généralement , chroniqueur , tout court .
Son blog est chouette , et d'ailleurs s'il vous plait , je vous recommande dès lors la lecture de son bouquin , "Le musée de l'homme" , des constatations tellement marrantes sur le trépas de la condition masculine que j'en regrette presque de ne pas en être l'auteur .
J'ai dit presque : parce qu'il aurait fallu que je sois marrié pour les faire .
Ouf , j'en suis pas encore là .
Aie ! Pas la tête , brune !
Le blog de David Abiker : http://davidabiker.typepad.fr/