Samedi 24 décembre 2011
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00:23
C’est un gag qui me faisait tellement soulever les cotes de rire que je m’étais inscrit en liste d’attente pour une demande
d’organes de rechange par anticipation.
Dans un Agent 212, BD qui était réputée pour les gens comme moi nés en 83 et qui se croient encore vainement jeune quand les
vrais vingtenaires n’osent pas les contredire même s’ils n’en pensent pas moins, ce dernier se rendait en stage linguistique en Angleterre et n’y rencontrait que des Espagnols, Italiens, Suédois,
mais des Anglais, point de cela. Résultat, au retour il parlait aussi bien Anglais que moi l’Occitan.
Pathétiques que les vains soubresauts de crétins en manque de culturette pour essayer de maintenir le vague souvenir de cette
langue à la noix et qui disons-le, ne sert à rien, même pas à en rire.
A propos de rire, l’agent 212 me fait plus tellement glousser.
(…)
Cela fait 6 mois, presque 7, que nous avons posé nos valises à Montréal.
Etant de nature passablement anxieuse, angoissée et pathétiquement (pathologiquement ?) en besoin d’affection, la poussière
soulevée par le dépôt légèrement hâtif de la demi tonnes d’affaires que ma Brune avait ramené de Toulouse (j’ai pu ramener une brosse à dent, en ce qui me concerne. De poche.) pas encore retombée
que j’étais déjà en train de me chercher des nouveaux amis.
J’ai joué au tennis tout l’été avec le premier type que j’ai rencontré dans la rue qui portait une raquette.
J’ai changé de technique depuis, le racolage sur voie publique est interdit ici aussi en fait.
En 3 mois, nous avions réussis (j’inclus Brune histoire qu’elle ne se sente pas totalement étrangère au fait que j’ai fait tout
le boulot, j’aime à me dire que je ménage sa susceptibilité) à nous faire assez d’amis pour sortir tous les soirs sans jamais revoir les mêmes personnes.
Et parce que je n’ai pas de raison de ménager ma susceptibilité personnelle : certaines personnes ont même été assez bonnes pour
ne jamais avoir à nous revoir une fois.
Ça a été le cas par exemple du premier Québécois que j’ai rencontré à une soirée. Vachement sympa et rigolo, je me demande s’il
n’a pas pris peur pour une raison que je ne m’explique toujours pas. Ou alors, c’est quand même fou qu’un Québécois n’apprécie pas de se faire coller toute la soirée par un Français mielleux
d’affection à son égard.
Oh, wait.
Bref, passons.
Si j’insiste sur le fait qu’il s’agissait du premier Québécois, c’est surtout que depuis, nous avons été confronté à un
phénomène assez étrange. Si nous nous sommes fait des amis à un rythme à obtenir que l’on rebaptise la pyramide de Ponzi en pyramide de Nicopoi (& Carole. Ménager blabla susceptibilité
blabla, etc.), il est un fait que ces amis ont la fâcheuse habitude d’être des Français.
Ou autrement dit : on a autant rencontré de Québécois à Montréal que de centimètres carrés de mon cul sans poil.
Si vous saviez ce que ca m’a manqué de ne pas écrire de conneries pendant 6 mois.
(…)
Cet état de fait un tantinet soit peu contrariant à une tendance certaine à me frustrer.
Aussi, quand Carole nous faisait inviter à une soirée d’une Toulousaine avec qui elle (oh, wait !) a sympathisé, j’étais ravi
quand en arrivant, je découvrais des accents qui me laissaient supposer sans le moindre doute que enfin, nous avions mis la main sur autre chose qu'un nouveau gisement de Français.
Chose dont je ne pouvais que m’extasier dans un élan de franchise dont j’ai le secret et que je devrais garder tel quel.
Secret.
« Ah putain, ça fait plaisir d’être enfin à une soirée où les Québécois sont majoritaires ! ».
(…)
En fait, il y’avait un bolivien, un espagnol, un italien, un suédois, un tyrolien suédois, et évidemment des
Français.
Et un Québécois quand même, il faut bien le dire.
… Encore un long silence gêné après une réplique débile de ma part de ce type et je pense que je me défenestre.
Silencieusement.
Par Nicopoi
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Samedi 18 juin 2011
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20:01
Place Jacques Cartier, Montréal.
Cela fait déjà une bonne demi-heure qu’un chanteur des rues égaille la place en chantant, avec une installation sonore de bric
et de broc digne de celle accompagnant la tournée triomphale d’un Frédéric François, des titres populaires et connus qui font monter la petite larme au touriste français lambda qui se sent loin
de chez lui dans ce pays dur et sauvage.
Oui, un pays ou le verre de vin est facturé 8€ est un pays dur et sauvage, excusez-moi de vous le dire.
Affairé à faire pleurer le touriste sirotant à coup des petites lapées à 50cents pendant qu’un Caméraman de télé locale
immortalise le moment, le chanteur ne voit pas le danger approcher. Celui-ci prend la forme d’une tête hirsute et d’une silhouette nonchalante, et vice et versa, qui s’approche discrètement dans
son dos pour gratifier l’artiste d’une petite pièce d’un dollar pour lui avoir mis dans la tête Wonderwall et toute la nostalgie qui va avec, même si spécialiste du yaourt, il lui est difficile
de comprendre pourquoi cette chanson lui arrache de la nostalgie quand il en connait pas un traitre mot des paroles. A part Wonderwaaaall, évidemment.
Faudrait qu’un jour je songe à apprendre d’autres paroles que celles de Over My Shoulder et Losing My Religion. Et encore, je
dis ca, je connais même pas les paroles de Over My Shoulder.
Je contourne enfin le personnage, jauge la distance qui me sépare de son étui à guitare destiné à recueillir les pièces du
badaud, et avec une grâce infinie, je lance ma pièce avec le même doigté qu’un Tsonga aussi bien capable de faire rentrer une pièce à coup de raquette de tennis pour arracher le dernier Kinder
Bueno du distributeur que de faire déprimer l’éditorialiste qui titrait la veille « Pourquoi Tsonga peut gagner » en perdant en 64ème de Tournoi.
La pièce vole, comme au ralenti, dans une trajectoire arc-en-ciel d’une beauté infinie.
Avant de s’exploser littéralement au milieu des pièces stockées au fond de l’étui, faisant voler à leur tour à plusieurs mètres
et dans toutes les directions certaines d’entre elles, au moins une dizaine.
Le chanteur s’étouffe dans son micro sur le « Police » de Karma Police qu’il était en train d’entonner gaiement. Genre «
Kaaar-ma Po-lizfiengfeihgihrgih-ce teu euh euh !!! ».
Les personnes en terrasse du bar environnant ne songent plus du tout au prix de leur verre de vin.
Le caméraman songe déjà aux voix rajoutées qui illustreront la bande qu’il va enfin pouvoir envoyer à l’émission de Vidéo
Gag.
J’ai vécu un long et terriblement douloureux moment lorsque je me suis en devoir de ramasser avec l’attitude du type qui fait
comme si de rien n’était les pièces qui c’étaient égarées un peu partout, dont une sous la roue d’une chaise d’handycapé, tout de même.
C’est que ca roule vachement bien, les pièces au Québec.
Par Nicopoi
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Jeudi 22 juillet 2010
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09:00
Avec ma Brune, nous sommes devenus des fans du covoiturage. Ça nous est venu alors que je brulais dans la cheminée la dernière lettre de menace de mort envoyée par mon
banquier, écrite maladroitement à partir de lettres coupées dans des magasines : "Si tu ne
renfloues pas ton compte, je te tue".
Comme si j'allais pas le reconnaitre. Tsss.
Dès lors, le covoiturage, solution vachement simple pour continuer nos allers-retours exorbitants pour Barcelone (nous y allons
une fois par mois, un week-end), nous permet de rencontrer régulièrement des gens sympas (par sécurité, j'indique systématiquement dans les annonces que je publie que je refuse les psychopathes,
cannibales et banquiers) avec qui nous bénéficions de 4h de causette privilégiée dans le sens Toulouse - Barcelone, et de 8h57 dans le sens du retour.
Pas à dire, l'Autoroute Narbonne-Toulouse un dimanche soir devrait être rebaptisée l'A666.
Pour reconnaitre les gens qui doivent faire du covoiturage avec toi sur la place où tu leur a donné rendez-vous, c'est assez
facile : il suffit de chercher les types qui un sac à dos au pied, jettent des regards désespérés dans toutes les directions, genre "putain mais il arrive quand cet enculé".
Il faudrait que je songe à soigner un peu plus le langage sur ce blog.
Indubitablement, y'a du laisser-aller.
Je me présente, genre "ah ah c'est moi qui vous amène à Barcelone, au fait vous êtes assurés tout risque genre décollage de
306-crashtest en conditions réelles-gardeàvue par policiers espagnols peu coopératifs ?", et une fois que mes passagers ont changé de couleur de visage, je les fait grimper dans ma petite 306
rouge.
Et ceux qui me prenaient pas au sérieux paniquent en voyant la portière blanche.
Au début, quand j'ai commencé le covoiturage, j'étais vachement stressé. Genre, j'avais l'impression d'être un taxi dans lequel
les passagers allaient en permanence s'inquiéter de l'itinéraire dément que je leur faisais prendre, et j'en faisais des tonnes pour les rassurer sur la pertinence de mes choix.
Sans la fermeture centralisée, probable que plusieurs auraient sauté en cours de route.
Et puis je fais la causette. Par exemple, pour le dernier trajet, nous avions une canadienne et un marocain, tous les 2
vachement sympas, mais moi forcément, j'avais plus envie de parler à la Canadienne (En dehors de ces -40° courants au mois de Janvier, le Canada m'attire beaucoup). Mais m'apercevant que je
délaissais mon autre passager, et qu'un avis rageusement négatif est vite arrivé (les covoitureurs peuvent noter le conducteur. Si c'est pas une vacherie, ca.) je lui demandais : "Alors Vikram,
pourquoi te rends tu à Barcelone" , et "Ah, et donc -Vikram-, c'est moins cher de partir de Barcelone" ? ou encore "Et pour le retour, Vikram, tu rentres direct sur Toulouse ?".
J'insistais lourdement sur son prénom Vikram, histoire qu'il sente bien que je me préoccupais également de mon passager non
canadien, et qu'il comprenne que les questions s'adressaient enfin à lui.
(...)
Il ne s'appelait pas Vikram.
Je l'ai découvert le dimanche, quand en regardant la liste des passagers que j'allais embarquer, je me rendais compte que
Vikram, c'était un passager du retour, pas de l'aller.
J'actualise ma page d'avis sur mon site de covoiturage toutes les 6 secondes depuis.
Par Nicopoi
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Lundi 29 mars 2010
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00:07
Dans mon couple, je tente d'être un modèle d'homme moderne qui n'impose jamais ses décisions à son (adorable et jolie) moitié.
Non, moi je m'arrange pour ma Brune soit persuadée d'avoir eu l'idée fantastique à laquelle je ne peux que souscrire. Cela d'autant mieux que j'ai tout fait en sous main pour qu'elle l'ait, cette
idée.
Ça, ca c'est moderne, coco.
C'est ainsi qu'en un peu plus de 3 ans de couple (roh putain, quand même !), nos réveillons ont eu l'étonnante particularité d'être tous passés avec mes amis, mais il faudrait être particulièrement
de mauvaise foi pour y voir une escro... malice de ma part, puisque mes amis étant évidemment au fil du temps devenus les amis de ma Brune, celle-ci peut raisonnablement considérer avoir passé ses
derniers réveillons avec ses propres amis.
Et le deuxième paragraphe de ce nouveau tissu d'inepties trouve tout son sens.
Pourtant, alors que l'Eté 2009 touchait à sa fin, ma brune émit timidement la proposition que nous passions le réveillon avec ses propres autres
amis. Considérant que cette idée folle même pas inventée par ce sacré Charlemagne risquait selon toute probabilité de ne pas passer le mois de Septembre, et que je gagnerais à consentir à quelque
chose qui serait de toute façon probablement annulé, j'acquiesçais dans la joie et la bonne humeur, dans un élan de grandiloquence à faire passer un avocat pénaliste pour un dyslexique. Muet.
... Enthousiasme nettement douché toutefois lorsque j'avisais alors le téléphone de ma brune, dans sa main, qu'elle portait à la bouche pour prononcer ces quelques mots qui retentissent encore
gravement dans ma tête : « Ok, tu peux nous compter pour la réservation ! »
Ah, subtil, subtil et demi.
(…)
Lorsque l'on vit à Toulouse, l'un des principaux avantages dont on peut se gargariser auprès de ces veaux de Parisiens coincés derrière leur périph (désolé Paris, je suis bien obligé de donner des
gages à ces saucisses Toulousaines si je veux arrêter de me faire traiter de Parigot après 16 ans passés dans cette ville à la noix), c'est que de très nombreuses stations de ski vachement
chouettes sont à moins de 1H30 de Toulouse, montre en main.
Sauf évidemment le cas très à part de la station les Angles, pour laquelle il faut évidemment compter environ une demi-année lumière de route.
Station où nous passions le nouvel an, donc.
Après avoir passé donc une demi-année lumière, de nuit, sur des routes à se croire dans un mauvais remake de Massacre à la tronçonneuse, et à réfléchir à ce que je ferais subir au bougre imbécile
de chez Google Maps qui a cru utile de considérer comme un itinéraire valable une route qui accuse un virage et un dénivellé de 90% à la seconde, nous arrivions dans les meilleurs conditions du
monde dans l'adorable petit chalet en bois typique des Pyrénées que les amis de ma Brune avaient réservé.
Ah, pardon, une petite erreur s'est malicieusement glissée dans le paragraphe précédent. Quand vous lisiez « petit chalet en bois typique des Pyrénées », il fallait évidemment lire :
« centre de rétention et rétorsion pour adolescents attardés et profs à la retraite et de séjour pour amis à qui vous voulez faire une drôle de blague, tiens ».
J'en hulule d'épouvante encore tard dans la nuit.
(Be Continued ...)
NB aux fameux amis de ma Brune qui s'inquiétaient que je publie un jour cette histoire : j'ai passé un chouette réveillon avec vous, vous connaissez mon inévitable tendance à en rajouter, et
tout et tout. C'est pour faire rire mes lecteurs, hein ?
NB à mes lecteurs : ne vous inquiétez pas, le NB précédant était fait pour éviter la censure caudine de ma Brune, en fait c'était horrible et vous allez bien vous marrer.
NB aux fameux amis de ma Brune (etc.) : non mais encore une fois, je ne fais que rassurer mes lecteurs et c'est de toute bonne foi que je ... (etc.)
NB à mes lecteurs : (etc.)
Par Nicopoi
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Vendredi 18 septembre 2009
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16:02
Ma Brune ayant vécu 4 ans à Barcelone, je m'attends toujours à ce qu'elle soit aussi fiable qu'un GPS survitaminé au
RedBull lorsque je tente de nous en faire sortir, la sueur au front et croyant voir dans chaque voiture qui nous double l'élément qui entrainera un engrenage à la "destination finale".
J'ai vu le dernier y'a pas longtemps, je vois depuis dans une simple fourchette innocente une machine du diable.
En fait, oubliez, je vois dans tout objet imposant un maniement quelconque une machine du diable.
Pourtant, et est-ce parce qu'elle est encore tellement attachée à cette ville qu'elle ne veut plus la quitter, la Brune bafouille, et s'enferre dans une explication irrationnelle (« je
n'ai jamais conduit dans cette ville, j'en ai aucune idée, moi, de là où il faut aller ! ») qui ne trouverait qu'une pâle justification que et uniquement dans le fait que les filles sont
dotées dès la naissance d'un sens de l'orientation au moins égal à la vue de Gilbert Montagné.
Mais gentleman que je suis, je ne lui fais remarquer qu'avec courtoisie et patience.
« Mais enfin ce n'est pas possible ! Tu as vécu 4 ans ici, tu devrais au moins reconnaître les quartiers ! Tu ne sers vraiment à rien là ! ».
Quand je vous disais, tiens.
Sortis de la ville donc, non sans avoir tourné à sa périphérie suffisamment pour préparer efficacement un Paris Dakar, nous prenions, pour notre petit week-end amoureux, la direction du Nord,
direction Cadaquès, la jolie ville de pêcheurs de Salvador Dali, et non d'un candidat d'un diner presque parfait qui lui n'a vraiment aucune justification pour porter des moustaches parfaitement
ridicules.
Et en plus, il zozote.
Non mais vraiment, ca ne fait pas sérieux.
Cadaquès, ca se situe en plein milieu, grosso modo, des Pyrénées, et ca donne donc directement sur la Méditerranée. Donc typiquement (qui a dit naïvement ?), lorsque vous arrivez de
Barcelone, vous pouvez penser, joyeux drille (ou Nico, ca marche aussi) que vous êtes que ce sera aussi simple que ceci :
Ce n'est donc pas pour rien que vous vous appelez Nico (ou joyeux drille, bis), parce que dans les faits, cela ressemble plutôt à cela :
Grosso modo, en roulant au delà de 20km/heure, vous avez une chance sur une (environ, hein) de finir dans un fossé en compagnie de la marmotte Milka, en attendant qu'elle replie délicatement sur
vous le papier d'alu. En revanche, à 15km/h derrière un camion roulant au Super Diesel 54, votre brune manque de vomir à chaque virage à 180°.
Vous voyez de suite le cruel dilemme, quoi.
Je viens de comprendre ce qui attirait les poissons que pêchaient les pêcheurs (c'est redondant, hein ?) à Cadaquès. La raison de la jolie couleur verdâtre de l'eau, également.
(...)
Lorsque nous trouvions l'hôtel que Brune avait réservé (sssssssch « Ma puce, je te fais entièrement confiance, tu choisis, cela ne pourra qu'être génial ... » ssssssch - Lost©),
je ne pouvais m'empêcher d'afficher une mine vaguement déconfite, l'hôtel ne se trouvant pas au bord de la mer, comme je l'imaginais moi qui regarde trop de séries qui me donnent des envies de goût
de luxe que mon banquier désapprouve toutefois formellement.
En gros, l'hôtel ressemblait à un Hôtel de la Gare bas de gamme, genre de Châteauroux.
C'est un exemple totalement inventé, je ne mettrais jamais les pieds à Châteauroux.
Je ne dis rien. Ne pas gâcher notre week-end en amoureux, et puis après tout, ce n'est pas grave si à 14h l'ombre tombe déjà sur l'hôtel. Ma brune s'enquit des clés à la réception, en baragouinant
pour une fois un Espagnol imparfait, mais je lui accorde qu'elle était encore un peu verte de visage.
On se remet pas facilement d'un nez à nez avec les poissons.
Nous montons dans la chambre, moment que nous trouvons généralement plutôt érotique, mais qui en l'espèce, ressembla plutôt à la montée par Louis XVI d'un petit échafaudage un jour de Janvier 1793,
Place de la Concorde.
La chambre était aussi joyeuse qu'une chambre d'hôpital désaffecté de none religieuse centenaire.
Mais, gentleman et diplomate, point me viens à l'idée d'en faire le reproche à ma brune, qui a « forcément choisi ce qu'il y'avait de mieux. »
...
« Ben écoute, c'est juste sinistre ... » , j'ai dit.
Ok, pour la diplomatie, on en reparlera
(...)
J'ai passé environ 15 minutes d'hystérie à me taper la tête contre ma 306, quand après trente minutes d'hésitations à rendre ou pas rendre la chambre, de sorties/retours piteux pour enfin se
décider à revenir à la réception et rendre les clés, d'un regard méchant de la réceptionniste qui a visiblement hésité à lâcher sa meute secrète bull-terrier, bref, quand après tout cela, je me
suis rendu compte que j'avais ... oublié les clés de la voiture.
Dans la chambre.
Non, ceci n'est pas le dernier fond d'écran de desirs d'avenir.
Par Nicopoi
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