Mercredi 8 octobre 2008
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NB : Un vrai article du Petit Nicolas mais en Plus Grand,
vite-c'est-promis.
Mais quelle mouche a piqué Xaviel Niel, fondateur et vice-président du fournisseur d'accès internet Free ?
Ce 28 Août 2008, alors que Free publiait ses résultats semestriels, Xavier Niel allait profiter de l'occasion pour se lancer dans une violente diatribe contre le projet de loi « Création et
Internet », dit Hadopi, s'opposant fermement contre le principe de cette loi (filtrage généralisé des réseaux et mise en place d'une autorité privée pouvant décider arbitrairement la
déconnexion d'un internaute).
Il s'agit pourtant du même Xavier Niel qui avait signé quelques mois plus tôt l'accord
Olivennes* (du nom de l'ancien PDG de la Fnac, à l'origine de cet accord), à l'origine même de la loi « Création et Internet ».
Pourquoi Monsieur Niel allait-il signer ces accords qui ne pouvaient par nature que lui être négatifs ?
Simplement : parce qu'il a senti le vent des télécoms sérieusement tourner, et que si son entreprise est en pleine forme début 2008, elle peut ne plus exister -ou sinon de façon marginale- d'ici
2010.
(...)
En effet, début 2008, la restructuration du monde des FAI s'achève. Disparus, gobés, avalés les Club-Internet, Aol, Infonie, Tiscali,Alice, et autres petits opérateurs. Tout ce beau monde a été
racheté par les 3 derniers survivant à ce Koh-Lanta des télécoms. A la fin, il n'en reste plus que trois : Orange, l'opérateur historique, Neuf-Cégétel, filiale de SFR et qui dans le courant de
l'année deviendra SFR tout court, et enfin Free, l'intrus qui a fait sa place uniquement par la qualité de son service, et non par le poids historique ou commercial d'un hypothétique
actionnaire.
Lorsque Free pense pouvoir souffler enfin après la rude course aux rachats d'anciens concurrents, la société se rend compte qu'elle n'est plus que entourée de mastodontes, et pire, de mastodontes
bien établis dans les télécoms, notamment sur le marché des mobiles.
Elle n'a même pas le temps de se rassurer en constatant que au moins, Bouygues n'est pas présent dans la bataille qui s'annonce : SFR fait l'incroyable cadeau de revendre pour une somme dérisoire à Bouygues le droit de participer à la bataille qui s'annonce, en lui cédant l'infrastructure nécessaire pour
prétendre au rang de FAI, à savoir celle de Club-Internet, sa dernière acquisition même pas encore totalement digérée.
Xavier Niel n'est pas fou : comme au temps pas si lointain de l'entente condamnée par la Cour de Cassation, les 3
opérateurs « mobile » ont décidé d'exclure du jeu Free, le trublion des télécoms qui fait chuter les prix et donc, les marges ...
Seulement voilà : pour lutter à égalité avec ces trois là, Free doit pouvoir proposer un service meilleur sinon égal à celui proposé par le conglomérat Orange/Bouygues/Sfr. Pour cela, il lui faut absolument disposer d'une licence 3G, qui lui permettrait de proposer des offres mobile/internet comme ne
manqueront pas de le faire ces trois concurrents, ce qu'ils font d'ailleurs tous depuis cette rentrée 2008 ...
C'est donc la raison pour laquelle Xavier Niel fera le siège de Nicolas Sarkozy pour obtenir la fameuse licence, et acceptera d'avaler la couleuvre Olivennes pour favoriser, croit-il, ses chances
d'obtenir une 4ème licence.
Que s'est-il passé, donc et alors, pour que Monsieur Niel opère pareil virage à 180° la bise venue (Oui, ça c'est sacrément rafraichi fin Aout. Si, si) ?
C'est simple : Monsieur Niel a compris qu'il s'était fait rouler en beauté par la présidence de la république. Comment ? Notamment, en lisant dans le Canard Enchainé que le Président de la
République n'avait jamais eu l'intention d'attribuer une quatrième licence 3G, comme
on le lui avait fait miroiter, et que pire, Martin Bouygues, ami déclaré de Nicolas Sarkozy, avait de tout temps fait obstacle à cette possibilité auprès du Président, se permettant même de déclarer dans la presse (« La Tribune ») : "Si je me
suis payé un chateau, ce n'est pas pour que les romanichels viennent camper sur les pelouses".
Faut avouer que pour Monsieur Niel, y'avait de quoi en lisant pareille injure à son égard nourrir des envies de dégoupillage de grenade.
C'est donc la raison pour laquelle ce dernier a torpillé le projet Hadopi, et pèse aujourd'hui de tout son poids contre cette loi : en usant de son pouvoir de nuisance, il espère rappeler au
président de la république qu'il vaut mieux l'avoir comme allié (donc, lui attribuer la fameuse 4ème licence) que comme ennemi.
... Et c'est aussi la raison pour laquelle l'attribution de la 4ème licence, initialement prévue fin Septembre, a été reportée au calendes grecques (ou la Saint GlinGlin), du moins, à une date
postérieure aux débats qui entoureront à l'assemblée nationale l'adoption de la loi
Création et Internet, dite Hadopi ...
Dans cette partie de poker menteur, les as semblent bel et bien encore du coté de l'Élysée.
* Monsieur Niel prétend qu'on lui a fait signer une feuille blanche : il est difficilement concevable qu'un homme d'affaires
aussi sérieux et ayant aussi bien réussi que lui dans ses activités ait pu accorder un pareil blanc-seing, encore plus en pleines négociations entre représentants des ayants-droit, FAI et
gouvernement ...
Epilogue (rédigé le 06/11/11) : Alors que l'affaire était très mal engagée,
Nicolas Sarkozy affirmant être très sceptique sur l'intéret d'un nouvel
entrant (comprenez, Free) dans le domaine de la téléphonie, ce qui signifiait ni plus ni moins que Free allait pouvoir s'asseoir sur son souhait d'une licence 3G, François Fillon allait dans le dos de Nicolas Sarkozy, et plus que encouragé en
cela par la commission Européenne (qui rappellera à l'ordre la France sur ce sujet), ouvrir le champs à une 4ème Licence au profit
d'un nouvel entrant, Free emportant le morceau malgré une candidature de dernière minute
(improvisée et en catastrophe ?) de Numéricable, alors sous influence ... de Olivier Sarkozy.
En Décembre 2011, Free pourra alors rivaliser avec les 3 opérateurs historiques et plus que entrer dans le monde de la
téléphonie, avoir l'assurance de ne pas se faire "sortir" du secteur de l'internet.

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