Lundi 20 juin 2011
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Aujourd’hui, cela fait 15 jours pile que j’ai quitté la France pour m’installer au Canada, et plus précisément à Montréal.
L’occasion de faire un bilan sur cette quinzaine.
Le premier : j’ai l’impression de vivre içi depuis un an. Cela peut paraitre exagéré, et il est clair que le Nicolas à qui on
amputera le 3ème doigt de pied à succomber aux températures hivernales me traitera avec le recul d’inconscient (et de connard, aussi), mais en attendant, le sentiment que me donne cette nouvelle
vie qui commence à Montréal, c’est que je suis chez moi.
Et que damned, je m’y sens sacrément bien.
Pour pouvoir venir travailler au Canada, ma Brune et moi-même avons guetté en Novembre 2010 l’ouverture des candidatures pour un
PVT, abréviation désignant « Permis Vacances Travail » (c’est pas un bel oxymore, ça ?), qui est donc un Visa d’un an pour le Canada (ou un autre pays, comme l’Australie par exemple) et qui
permet surtout d’y travailler, chose que l’on a pas le droit de faire avec un Visa touriste et qui est de toute façon de 4 mois (de mémoire).
L’année dernière, nous avons donc été parmi les 7000 premières personnes à renvoyer complet le formulaire, le plus
incroyablement simple que j’ai jamais vu de ma vie au demeurant.
L’administration Française nous a remarquablement mal habitués, il est vrai.
2 mois plus tard, nous recevions l’accord définitif du Canada pour ce PVT, document qui nous permettait à tout moment de venir
s’installer ici au cours des 12 mois suivant, le passage de la frontière ouvrant ensuite la période concrète de 12 mois du PVT.
(…)
Ce qui frappe le plus avec le Canada ?
A l’inverse des prix indiqués sans Taxe et sans pourboire, ce qui donne au Touriste Français le sentiment indélébile de s’être
fait avoir alors que en laissant un pourboire monstrueusement chiche, c’est lui qui coute de l’argent au serveur taxé sur ces hypothétiques pourboires, c’est que au contraire cet imbroglio
systématique au moment de l’addition : tout est incroyablement simple.
Pour notre arrivée, nous avons trouvé à distance un appartement en sous-location, grand, meublé et bien situé, pour un loyer
très correct (720€, dont un tiers est payé par une amie qui a fait le grand saut avec nous) et dans un quartier classieux de Montréal, Outremont. Tout s’est fait simplement, par mail, avec les
locataires actuels, et leur proprio n’a rien à y redire, la sous location étant parfaitement légale au Canada.
Locataires parisiens, ne vous pendez pas tout de suite.
Le meilleur arrive.
Après quelques jours, nous nous sommes mis à la recherche d’un appartement. Bien que nos recherches sur le net n’aient pas été
infructueuses, nous nous sommes mis à parcourir les rues qui nous plaisaient, à la recherche des très, très nombreuses plaques « à louer » qui parsèment les façades à raison d’une tous les 300
mètres.
Et c’est ainsi que nous avons repéré l’appartement que nous allons emménager dans 10 jours pour l’année, un appartement tout
neuf, rénové, meublé et équipé (lave-linge / sèche-linge / lave-vaisselle, utile pour la paix des ménages), avec un magnifique balcon et situé en plein cœur de Montréal dans le quartier du
plateau … tout cela pour 650€ par mois.
Locataires parisiens, essuyez cette bave à vos lèvres.
Le finish-him arrive, ce serait con de mourir en bavant.
J’aurais pu donner un faux prénom et un faux nom pour louer cet appart : je n’ai pas eu à produire le moindre document.
Normalement, il n’y aurait pas eu de caution, mais j’ai dû en proposer spontanément une pour faire accepter mes chats. Après une brève négociation, son montant est passé de 900$ à 500.
Et c’est tout. Pas à me justifier sur mon travail, mes salaires, la santé de mes garants et mes prédispositions à un cancer de
la prostate : le bail a été signé dans la foulée de cet accord sur le montant de la caution, 20 minutes après la visite de l’appartement. C’était notre 4ème visite en 48h, le début de nos
recherches, et les autres appartement que nous avions vus était pas mal non plus, clairement envisageables.
C’est bon les Parisiens, vous pouvez finir de couper cette veine qui dépasse, là.
Pour le reste, ca a été pareil. La seule formalité administrative que nous avons du faire a consisté à obtenir un numéro de «
Nas », l’équivalent de notre numéro de sécu, sauf qu’il est plus important içi car il est un véritable historique de vie des Canadiens et est consultable à tout moment par un éventuel vendeur qui
aurait besoin de savoir si on acheteur est fiable.
Vaguement intrusif, mais en même temps, si cela peut éviter à des gens de se voir refourguer un énième crédit Cofidis à 17%
qu’ils ne pourront de toute façon pas rembourser ?
Bref, quoiqu’il en soit, cette formalité, accomplie à « l’heure de pointe » entre midi et deux, a été expédiée en 30 minutes,
grâce au zèle et à l’efficacité des employés de l’administration Canadienne, le mien allant jusqu’à me rassurer sur le fait que s’il se levait de son bureau, c’était juste pour retirer le
document qui venait de sortir de l’imprimante un mètre derrière lui.
A comparer avec la pétasse de la Sécu qui nous a retenu 1H30 avant notre départ pour nous traiter comme du bétail, parler avec
ces incompétentes collègues blasées de devoir travailler, tout cela pour au final nous livrer un erzatz d’information incomplète et inexploitable en réponse à la question simple et légitime que
nous lui avions posé.
L’administration Française va probablement moins me manquer que le gruyère rappé dans mes pates.
Clairement hors de prix, le fromage dans ce pays, tiens.
Mon Nico, il faut que je te l'avoue maintenant, le cageot de tomates qu'on avait trouvé papa et moi.... ben il venait de Montréal !! Bisous bisous (hum vachement bon mon fromage d'Iraty avec la confiture de cerises)
Ca explique tout ! :)
À peine débarqué ici et déjà adepte d'une des traditions québécoises : le déménagement le 1er juillet... heureusement que vous avez pas encore eu le temps d'accumuler de merdier, sinon vous auriez eu bien du plaisir pour trouver un camion à louer ou des déménageurs (et je parle même pas des tarifs :D )
Sinon pour le PVT c'est facile à obtenir en effet mais si vous voulez rester plus longtemps un permis de travail ou la résidence permanente c'est un poil plus long et compliqué.
Bienvenue à Montréal en tous cas, ça fait déjà presque 4 ans que j'ai fait à peu près la même chose (avec les 2 chats aussi...) et je ne le regrette pas ^^
Merci, mais tu es toujours à Montréal ?
Arf! Montréal, le Québec ... j'en reviens ...
Lire ton récit me donne une douce nostalgie ...
Au contraire de toi et de ta Brune, je ne m'y suis pas installée, j'ai "juste" vadrouillée entre le Canada et les Etats-Unis sur deux mois ...
J'ai adoré la manière d'être des Québècois , leur tournures de phrases ( "ça va t'es correct? ", " Bienvenue" ... pour dire "de rien" !) et leur état d'esprit ...
Ayant ensuite été hors Québec, en Ontario, je peux te dire que c'est pas la même et que nos compatriotes , les Français du Canada ,sont quand même des gens super chouettes !
Bonne installation et je pense que tu as eu raison de venir en juin ...
Quand je suis arrivée début mai ... pluie et 6°C ... j'avoue, j'ai eu du mal ...
j'attend tes autres posts avec impatience !
xxx
PS: courage pour le fromage ... je suis passée par là :0))
Ouille, alors je t'ai bien fait attendre :)
Merci pour ton long commentaire, je vais vraiment essayer de partager plus de vécu made in Québec.
Bonjour Nicolas,
Je suis tombée sur ton blog en ricochant depuis le blog Bouillon de Luxure, et j'avoue que je ne peux pas croire au hasard, une fois de plus. Je me suis penchée toute la soirée sur le visa PVT, pour précisément aller à Montreal... En te lisant, j'ai donc bien fini par couper ma veine, là, qui dépassait, et je tente de refermer la bouche pour ne pas tremper mon clavier. Clairement, ton installation donne envie.
Je viendrai te lire pour savoir si tu te sens toujours chez toi dans quelques mois :)
Bonjour Camille, as tu essayé de décrocher un PVT pour l'année prochaine ?
J'espère que j'aurais l'occasion de te revoir dans le coin, merci pour ton commentaire :)
J'en reviens pas sur les conditions d'accès à la location, peut-être que c'est plus facile à un proprio de faire virer un locataire mauvais payeur. Pour ce qui est du numéro équivalent sécu qui semble permettre de tracer quelqu'un qu'en est-il justement du gars qui a fait une bêtise ou simplement s'est retrouvé victime des fameux "accidents de la vie" faisant qu'il n'a pas pu payer un loyer, celui là doit se trouver bien mal là bas pour retrouver un logement non ?
Bref j'essai de comprendre pourquoi d'un côté de l'atlantique autant d'avantage et de l'autre autant de galère...
Pas du tout, c'est clairement pas plus facile de virer un locataire ici.
Sauf qu'ici, ils sont moins paranoïaques et qu'ils n'acceptent pas l'innaceptable. Mais ils sont aidés en cela par un marché locatif beaucoup plus fluide qu'en France, qui permet aux locataires de dire merde à un proprio abusif même si l'appartement était bien, parce qu'ils savent qu'ils trouveront au moins aussi bien ailleurs facilement.
Et c'est pareil pour les jobs ...
Merci pour ton analyse de l'administration comparée, ça me donne quelques id&ées de réformes. Continue.
La France n'a aucune chance de ressembler au Québec un jour.
C'est malheureusement le mieux qui pourrait lui arriver.
Bonjour Nicolas,
Lectrice occasionnelle mais fidèle de ton blog depuis quatre ans, je lis avec plaisir votre installation la Brune et toi de l'autre côté de l'océan! J'espère que tu continueras à tenir ton blog et à donner un aperçu de votre vie là-bas, car ça permet de comprendre concrètement comment ça se passe. Mon compagnon toulousain et moi (bordelaise) on songe aussi à y aller (vaste projet juste dans nos têtes pour le moment), ça nous attire beaucoup... Bonne continuation à vous deux!
Merci Anais, j'espère pouvoir publier rapidement quelques histoire made in Montréal, je me suis préparé une petite liste histoire de plus connaitre ce fichu syndrome de la page blanche.
Comment chercher un plan du métro de Toulouse et tomber sur ton site?
Revenue de Montréal depuis 7 mois, j'ai trouvé la coïncidence heureuse...
J'espère que vous avez aprécié les premières bordées de neige, et les températures négatives à geler les oreilles, la tire d'érable sur le vieux Port, la nuit Blanche et l'igloofest.
J'espère que vous rencontrerez de nombreux québécois, et que vous prendrez plaisir à découvrir cette culture si riche et chaleureuse, qui est peut être au premier abord, très proche de la notre, mais qui devient de plus en plus singulière quand on s'y intéresse.
Célia
Moi aussi je partirais bien sous le soleil de Quebec.