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Ringardises Musicales

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Dimanche 27 mai 2007


Lorsque je rencontrais Brune il y’a 9 mois de cela , l’une de mes premières préoccupations , priorités et envies était de l’emmener dare-dare à Calicéo , ce paradis sur terre n’ayant rien à envier à un Neverland où le capitaine crochet aurait enfin empaillé ces criards de mioches abrutis , ou aux jardins de l’Elysée enfin débarrassés de Bernadette Chirac .

Et non , le but de la manœuvre n’était absolument pas de l’apercevoir quasi nue avant l’heure .

Comme si c’était mon genre , tiens .

(…)

9 mois plus tard .

L’accès aux bassins de Calicéo étant aussi onéreux que l’ensemble du programme spatial Apollo , Brune et moi nous décidions , sur les conseils dithyrambiques d’une amie , d’aller jeter un coup d’œil du coté de la piscine de Colomiers .

A propos , un petit Flash-back s’impose .

Vous souvenez vous de cette histoire que je vous narrais naguère , sur cette abominable calamité de l’éducation nationale que j’avais prénommé « Heir Julia » pour son sens de la courtoisie n’ayant rien à envier à celui de Bernardo Guy ? Parfait . Un jour , cette garce se mit en tête de m’humilier une nouvelle fois en me faisant cette remarque saugrenue :
« Senor Nicopoi , vous vous doutez que j’ai eu à votre propos (au conseil de classe , sic) des mots dithyrambiques … a propos , selon vous , cela signifie que j’ai dit quoi de vous , lorsque je dis dithyrambique ? »

Ne connaissant pas la signification de ce terme , et vu l’habitude de cette givrée à m’incendier d’injures , c’est tout naturellement que je répondais :
« Eh bien je suppose que cela veut dire que vous avez dit de moi que je suis un crétin fini , ne connaissant rien à rien , un menteur , un hypocrite et un faisant ? »

Rires dans la classe .
Tas de morveux .

« Non , dithyrambique signifie élogieux , Senor Poirier . Mais comme c’était ironique , vous étiez dans le vrai . »

Je déteste le dithyrambisme .
Fin de la parenthèse .

Pour aller de Toulouse à Colomiers , il existe deux possibilités :
- prendre sagement sa voiture , et y arriver en 10 minutes ;
- croire que Toulouse est une grande ville , que la ligne C de métro existe réellement alors qu’il ne s’agit que d’une vague correspondance d’un train de banlieue insalubre -toutes les heures environ- , débarquer en plein cagnard au milieu de nulle part dans un concert de circulation automobile insoutenable . Durée de trajet : une heure trente .

Si vous cherchez encore la solution privilégiée par un Nico , cela signifie que vous n’avez découvert ce blog il n’y a que quelques secondes , ou que vous n’avez pas scrupuleusement suivi les recommandations de votre médecin lorsqu’il vous a dit « attention , c’est sérieux ! Un diabète , on ne rigole pas avec … » .

Très sérieusement , je me demande ce qui est passé par la tête de l’abruti qui un jour s’est assis à sa table à dessins , et qui m’a pondu ce capharnaüm dantesque que l’on nomme gentiment Colomiers . C’est bien simple , Colomiers donne l’impression d’être un Mc Drive géant , un no man’s land où la simple idée à voix haute exprimée de se déplacer à pied pourrait paraître asociale .

L’enfer , vous dis je .

Le Nico ayant une tendance à vouloir paraître galant , je m’étais senti obligé de proposer de porter le sac de piscine que ma brune avait eu l’outrecuidance de vouloir soulever jusque là , au risque d’endolorir ses petits bras chétifs mais tout doux , si si .

… Non mais sans blagues , j’ai cru me décrocher la mâchoire plus sûrement que la fois ou Clément avait tenté de m’initier à sa science de la muscu .

En ce qui me concerne , il n’est pas rare que je me rende à la plage ou à la piscine en nonobstant qu’une serviette pourrait pourquoi pas et potentiellement me servir . Alors pensez vous : quand je pense effectivement à en prendre une , qui n’ait pas -qui plus est- servie plus de deux mois , c’est jour de fête .
Imaginez dès lors la stupéfaction d’un Nico suant le Pacifique , qui s’étant interrogé sur ce qui pouvait peser autant dans le sac de piscine préparé par sa brune , découvre en tentant de garder son calme : du gel douche , des vêtements propres de sa brune , deux serviettes propres pour la piscine , et la même chose pour la douche

J’en suis encore coi .
Et transpirant , aussi .

(…)

"Je passe , ou je ne passe pas ?"

Parmi les phobies qui sont les miennes , il en est une que j’ai nourri depuis mes 10 ans et les quelques années qui suivirent et que je passais à me gratter les pieds au sang parce qu’un sale type avait contaminé la piscine ou nous rendions avec mon école .

J’ai nommé ce chaudron de l’infamie , ce bouillon d’hépatites en tout genre que l’on appelle sobrement pataugeoires .

Sur la pointe des pieds et les poils hérissés à donner des bouffées d’angoisses à un hérisson , je traverse la flaque , non sans un haut le cœur bien ressenti . Heureusement , l’eau glacée du premier bassin dans lequel je m’enfonçais ensuite allait très vite détourner mon attention , non sans douleur d’ailleurs .

Si quelqu’un recherchait un raccourci pour l’Arctique …

Maussade et regrettant amèrement mon Calicéo à moi que j’aime , je décidais toutefois d’aller me détendre un peu en prenant la direction du toboggan , considérant qu’après tout , il n’y a pas d’age pour faire le con . Je jetais toutefois un regard inquiet au drôle d’énergumène faisant la queue derrière moi , ce dernier ayant une propension assez bizarre à fixer le vide tout en prononçant à répétition un mot pas très -selon moi- explicite .

Ca donnait ça : « Gnu … gnu … gnu … »

Bah . Je montais l’escalier assez vite , et arrivé en haut , m’engageais dans le toboggan confiant et tranquille .

… Je n’avais pas glissé 7 mètres que j’entendais derrière moi un bruit sourd , et des « gnu … gnu … gnu … » raisonner triomphalement dans le toboggan …



Ce furent les secondes les plus angoissantes de ces 7 dernières années .

Et je compte prendre un abonnement à Calicéo . A l’année .

gnu.png
par Kane publié dans : Nico Lagaffe
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Vendredi 25 mai 2007
Un réquisitoire cruel de l'autorité parentale .



J’ai beau essayer de comprendre , je n’y arrive pas .

Nous nous sommes installés dans cet appartement en 1997 . Nous sommes en 2005 . Il y a donc 8 ans que nous y vivons tous les 4 .

Aucun n’a été exilé ou envoyé en pension , malgré une forte envie parfois et pas qu’en me rasant .

En 8 ans avec 2 maladroits et un chat fou , il y a eu des changements de décor , ou d’objets du décor, je ne le nie pas .
En 8 ans , certains meubles meublant (comme disent les notaires et les cuistres) ont changé de place ou ont été subrepticement remisés le long du trottoir . Ca aussi , je le confesse .

Mais dans l’ensemble , chaque chose est à sa place , et chaque place a été choisie pour son côté pratique et/ou esthétique . Et même les 2 quand c’est jouable .

Alors que je faisais , de temps à autres , subir des montées de taux d’adrénaline supérieures à toute quantité connue (et non scandaleusement blâmable) à ce pauvre chat , je veillais malgré tout à ce que « son » territoire ne subisse pas de modification trop stressante .

Cette longue introduction pour dire ma surprise , ma stupéfaction , bref , mon effarement quand , après un week end passé à l’extérieur , je retrouvais l’appartement que nous avions contraints et forcés du laisser à Nicolas , pensant qu’il l’utiliserait à bon escient pour « réviser » .
A ce propos , je tiens à préciser qu’il faut vraiment être parent pour utiliser ce mot et lui accorder la moindre signification ! Dans la bouche de son rejeton , « réviser » englobe toutes sorte d’activités diverses et variées , à la condition expresse que les dites activités n’aient aucun rapport avec la vie scolaire , les études ou les examens .
Par exemple , quand Nicolas allait à 10 km à pieds , en pleine nuit , retrouver sa copine , il « révisait » .

CQFD .

Donc , je récupérais mon appartement . Officiellement , il était rangé et les traces des « révisions » devaient en être extirpées . D’ailleurs , Nicolas était sincèrement persuadé qu’il
avait fait ce qu’il fallait pour .

Mais trop de révisions , cela laisse toujours des traces .
C’est bien connu .

Disons , dans le désordre :
- Le bar avait subi une attaque frontale et les cadavres de bouteilles étaient debout , rangés mais vides comme le cerveau d’Eve Angeli .
- Une odeur de tabac froid flottait dans l’air à faire râler le cow-boy Marlboro.
- Les plantes vertes (je ne parle pas des amies oubliées de mon fils …) semblaient sorties du décor d’ « Apocalypse now » , manifestement napalmées ou victimes de l’agent orange .
- Certains livres de la bibliothèque avaient été prestement mais mal rangés (le Kama Sutra illustré , L’éducation sexuelle amusante , photos de tournages de l’excellent film Histoire d’O) alors que curieusement , ni Mauriac ni Koestler -par exemple- n’avaient étés ouverts.
- Une ampoule sur deux était grillée (je ne me l’explique toujours pas) .

Mais surtout , et c’est là que je voulais en venir , les tapis étaient dans le « mauvais sens » (rectangulaire, le côté le plus large avait changé d’orientation) et même avaient été remis à l’envers ! Certes celui qui avait subi cet étrange sort était un tapis-coco réversible , mais l’évidence aurait sauté aux yeux de Stevie Wonder .

Le chat lui-même reniflait l’horreur avec un regard intelligent auquel je n’étais pas habitué .

Je passerais sous silence le trou de cigarette en plein milieu d’un tapis , et que cachait misérablement un catalogue opportunément posé dessus , ainsi que les rideaux du salon qui avaient changé de forme et de texture (c’étaient ceux de ma chambre !) .

Je ne parlerai pas charitablement non plus du dessus-de-lit de ma chambre qui , posé n’importe comment , indiquait clairement qu’un crime de lèse-parentalité s’était commis à l’intérieur .

L’intention y était , vous l’aurez compris .

Mais ce qui m’effarait le plus , ce n’était pourtant pas que l’appartement , laissé dans un état proche de la salle d’opération d’un chirurgien maniaque , évoque à notre retour le passage des Ardennes de Gudérian (1945) .

C’était qu’invariablement , Nicolas s’offusque dans un accent de sincérité frôlant celui de Georgina Dufoix de mes douces récriminations , me servant avec un culot assez monstre cette petite réplique dont , pour être franc , je ne me suis toujours pas remis :

« c’est fou , tu vois tout … »

Guillaume-002.jpg
par Kane publié dans : Le jeune Nicolas
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Jeudi 24 mai 2007
Ma brune a perdu son verre de menthe , saurez vous le retrouver ?

Image-9.jpg



















Grand jeu concours : Votez avant demain 13h pour qu'un des éléments de cette photo disparaisse* !

* chaussettes hors concours . Jeu sans obligation d'achat , dans la limite des Nico disponibles .
par Kane publié dans : Autour du Blog
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Jeudi 24 mai 2007


« Nico , tu as déjà fait de l’auto stop ? » , me demanda t’elle ingénument .

L’embardée que la voiture faisait instantanément , et l’expression terrifiée qui coloria mon visage lui apportèrent un semblant de réponse .

(…)

Septembre 2004

Cela faisait déjà 3 jours que je faisais les vendanges en compagnie de Clément , dans un coin si retiré de la civilisation que je m’attendais tous les soirs en tentant de m’endormir à ce que les vikings débarquent joyeusement , sinon Attila lui-même .

Mon mal être était particulièrement accentué par le fait que je découvrais par ailleurs les joies des « a coté » des vendanges , à savoir cette étrange et lancinante sensation provoquée par le moindre mouvement du dos , sans parler de la terreur provoquée par l’objet tombé au sol , à la simple idée qu’il va falloir le ramasser .
C’est d’ailleurs a ce type de détail que l’on reconnaît quelqu’un qui a fait les vendanges , à cette étrange façon de ramasser les objets en utilisant tout le catalogue de contorsions possibles et (in)imaginables pour se baisser sans se pencher d’un quart de poil .

Je n’ai jamais été poignardé , mais je ne sais que trop depuis ce sombre mois de Septembre 2004 à quel point César n’est pas si à plaindre que ça .

Chochotte , tiens .

Bref , lorsque le dimanche se décida enfin , c’te feinasse , à pointer le bout de son nez , je disposais de toutes les raisons les plus sérieuses pour pioncer joyeusement , et rêver pourquoi pas de greffe de colonne vertébrale et de castration de viticulteurs .

Sauf que . Entre autre de mes nombreuses tares , il en est une qui arrive à me faire lever un dimanche matin à 6h , quand bien même il me faudrait pour cela me traîner à quatre pattes en gémissant à chaque mouvement dépassant les 10cm/heure .

Véridique .

Voyez vous , j’exècre les beaufs qui beuglent ignoblement devant 22 abrutis visiblement non dotés du sens de l’orientation vu leur propension à changer de direction toutes les 5 secondes .
De la même manière , j’ai une tendance à considérer que si le rugby peut être marrant une fois ou l’autre à suivre , particulièrement quand Paris Toulouse gagne , suivre tous les matchs avec la concentration d’un courtier sur les variations du cours d’Eurotunnel me semble aussi réverbatif , que disons le , passablement crétin .

Mais j’aime la Formule 1 .      
Nico , ou l’art de perdre tout son lectorat féminin en un post .

C’est ainsi que ce dimanche matin là , je me traînais péniblement jusqu’à la télévision à une heure indécemment matinale , tout à l’espoir que mon pilote fétiche gagne enfin son premier grand prix . Logiquement , j’ai effectivement jeté mon dévolu sur le pilote le moins prometteur de ses 30 dernières années , j’aurais probablement mal vécu de soutenir un gagnant .

Question de principe .

J’allume la télévision .
Crishhhhhhhhhhhhhhh .

« Oups . » , commentais-je sobrement .

Détail amusant , et tout à mon étourderie , j’avais oublié que cela faisait plusieurs jours que nous étions contraint de suivre les inépties de M6 en lieu et place de celles de TF1 , tellement plus ludiques , la télévision de Clément n’ayant probablement pas voulu cautionner que l’on prépare notre cerveau à de la « disponibilité » pour coca cola .

J’aimerais tout de même que l’on m’explique en quoi regarder 10 poufs jouer à « baise mi et baise moi » sur une île serait censé me donner envie d’acheter du coca . Mais je suis sceptique de nature .

Catastrophe . Le Nico en panique commence fort logiquement à se beugler dessus et à se traiter de tous les noms d’oiseaux habituels en récompense de son éternelle étourderie .
Puis , dans un moment de colère vindicative , enfile les chaussures qui traînent à sa portée , visiblement pas les siennes mais il s’en fout , et d’un pas décidé , part en chasse d’une télévision plus coopérative .

Mes plus grandes folies sont les plus spontanées .
C’est d’ailleurs mon drame .

Sauf que . Le village ou je me trouvais comptait probablement moins de villageois que Verdun en 1917 , statistiques peu flatteuses qui chutaient encore violement si on prenait par méchanceté le sadisme d’en retirer les moins de 80 ans .

Alors la télévision , vous pensez .

Mais j’avais décidé que , lorsque l’un des ouvriers agricoles me retrouverait le lendemain agonisant entre 2 grappes de raisin après que je me sois ouvert les veines pour oublier fut ce l’éternité la douleur remontant de mes reins , que ce matin la , j’aurais au moins eu le réconfort que je m’étais promis , à savoir observer 20 abrutis tourner en rond .

Nico , ou l’art de trahir ses convictions pour conserver son lectorat féminin .

C’est ainsi que je me retrouvais un dimanche matin à marcher au milieu de nulle part , sur une route de campagne probablement oubliée des cartes à l’échelle 1/1 , 10 bornes me séparant du village le plus proche et doté avec un peu de chance d’un bar pas trop rustique ou les paysans auraient la gentillesse de ne m’égorger qu’après que j’ai pu voir mon grand prix .

10 bornes . Sous un soleil naissant et déjà chaud . Sans que j’ai pu boire mon café vital . Alors que j’avais la gorge plus sèche que ce qui doit rester de Jeanne Calment .

Je ne pouvais que lever le pousse lorsqu’une voiture arrivait à ma hauteur .
L’inconscient , tiens .

« Bonjour , je vais au village le plus proche .
- Monte .
»

Court , clair et concis .
Ca a failli être le résumé de ma vie .

J’étais monté dans l’ignominie suprême . Alors que la portière avait à peine claquée , je me demandais s’il ne serait plus sage de sauter par la fenêtre . J’étais tombé sur des « raveurs » effroyablement maussades , sans doute délogés par une compagnie de CRS pendant la nuit . Leurs chiens , bavant et grognant , semblaient tout en me dévisageant se poser la question de la comestibilité d’un Nico . La techno pulsait dans l’air vicié de la carlingue , une odeur d’un peu de tout me provoquant un début de nausée que la conduite sportive sinon suicidaire du chauffeur ne calma franchement pas ...

(…)

La campagne , c’est le mal .
Avec les vendanges et le stop , donc .

moteur.jpg
par Kane publié dans : Nico Lagaffe
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Mardi 22 mai 2007


Au nombre des clichés éculés qui parsèment les discutions de soirées jusque tard dans la nuit , il en est un qui à la vie aussi dure que ce grotesque pseudo héros à l’oedipe mal assumé survolant des gratte ciels en culotte bleue .

Et les boxers ? C’est fait pour les chiens ?

Ainsi , il apparaît que dans la mémoire collective , cette douce et joyeuse période du collège ait été traversé avec autant de joie , bonne humeur et entrain que disons , par exemple , ce petit sentier du Golgotha qu’empruntait il y’a 2007 ans de cela un drôle de barbu fétichiste .

Ben oui , je vois pas d’autre explication , sinon pourquoi se serait il fait suer à se le trimbaler , son bout de bois ?

Les gens n’ont pas l’esprit pratique .

Ce qui est marrant , c’est qu’à s’écouter tous , on dirait que nous avons tous étés le souffre douleur d’un improbable abruti géant , au duvet naissant et à la force d’esprit aussi palpitante qu’un bigorneau cuit à la vapeur , au point qu’il apparaît crédible , au vu du nombre de victimes , que ces dernières aient aussi été le bourreau d’un crétin encore plus faible .

Et quoiqu’il en soit de cette aimable chaîne de la vacherie , se trouvait « le » naze , pas encore assez emprunt de série américaine pour savoir que le sensible bouquinant entre deux cours était forcément une cible de prédilection .

Ca , c’est moi .

Dès lors , mon entourage se résumait , en cette lointaine et joyeuse époque , à une tripotée de bouquins sur la guerre de sécession et à trois boutonneux agglutinés sur leur pc dans une salle de réseau , avec lesquels nous échangions des beuglements gloutons au fur et à mesure de nos tueries virtuelles .

Tout cela expliquant donc , selon moi , que mes vrais premiers amis , que j’allais rencontrer à mon arrivée au lycée , aient une importance quasi démesurée à mes yeux , au point que je me sois surpris hier soir , après 5 jours à ne pas les avoir vus , à dire à l’un d’entre eux qu’il , je cite , « m’avait manqué » .

Non , je n’ai pas viré de bord .
C’est d’ailleurs ce que je lui ai dit pour le dissuader de s’asseoir alors à 10 mètres de moi .

(…)

Février 2001 .

En l’espace des quelques mois qui m’avaient vu accéder au rang suprême de délégué de classe après une lutte acharnée pour le pouvoir (le deuxième délégué avait été désigné d’office , ndrl) , j’avais réussi à me constituer une solide réputation de timbré d’organisateur de soirées de folies , louant des salles un peu partout dans Toulouse afin de permettre à ma classe et quelques privilégiés triés sur le volet (« tu peux donner une participation de 10F ? C’est bon , rentre ! ») d’expérimenter les joies de l’alcool , qui nous étaient jusqu'alors et pour la plupart inconnues .

C’était y’a longtemps , longtemps , longtemps , donc .

Ces soirées devenant aussi prisées que la montée des marches à Cannes un dimanche matin le 3 Novembre , j’allais rapidement pouvoir devenir un peu plus sélectif , ce qui revient à dire que j’entretenais jalousement la condition rigoureuse d’une parité nicolienne , qu’on rigole un peu quoi .

En gros , 3 filles pour un mec . En gros .

Il se trouve qu’à l’une de ses soirées , j’invitais une de mes amies , Sarah , qui ne me laissait pas totalement indifférent , dans l’espoir fou de justement lui manifester un tant soit peu mon affection , ce qui revient à dire plus sommairement que je voulais lui rouler une pelle monstrueuse avant la fin de la soirée .

Avec la langue .
Précision utile .

Alors que la soirée commençait joyeusement et que la Sarah , jolie comme tout (en plus) , semblait avoir des dispositions plutôt favorables (sur un malentendu) , je recevais un appel de Mat , que j’avais convié à se rallier à mes festivités .

Je me hais .

Alors que nous dirigions communément vers « les caves la notée » , le lieu de la soirée , sorte de grotte de Larzac avec les hommes préhistoriques en videurs , j’avais l’effroyable idée , une de plus donc , de chercher un sujet de conversation masculin , banal et tue le temps .

Gare à celles qui diraient pléonasme .

« Au fait , tu as des vues sur une fille , ce soir ? » , demandais je donc .
« Eh bien , j’aimerais bien sortir avec la petite Sarah , dis donc » , répondait il sans hésitation .

Dis donc .
Ben tiens .

J’aurais préféré me faire fouetter par un marticlou (merci les inconnus) , sur des plaies à vif après que l’on y ait versé dessus de l’huile bouillante agrémentée d’un peu d’acide chlorhydrique .

Ou écouter Pascal Sevran pendant plus de 2 minutes .

J’allais dès lors passer la soirée à ne plus que minauder gentiment avec Sarah , toute velléité baveuse sacrifiée sur l’autel de cette foutue , fichue , saloperie , bordélique , chiennasse d’amitié .

Mais arriva le drame .

Cet imbécile de Néandertalien de DJ , probablement lassé de passer de sombres niaiseries soixante huitardes des heures durant , se senti obligé d’acquérir définitivement la licence d’empereur des tocards dégénérés en passant un slow .

La lumière se tamise .

Sarah se lève .
Et m’attrapant par le bras , m’entraîne dans une danse très … corps à corps .

Et le Nico , tout en panique , lance des regards implorant dans toutes les directions de la salle obscure . Je sais que c’est ce que je voulais , mais un autre devoir plus impérieux me commande que je ne peux pas faire ça .

Mes yeux se posent sur Mat , qui nous regarde incrédule .

… et je rejette Sarah dans une réaction aussi épidermique que si une meute de cafards m’avaient parcouru la raie des fesses , sans autre explication vaseuse que « désolé , je ne peux pas faire ça » .

(…)

Benoît est sorti avec elle 2 mois après .
Ben tiens , dis donc …

neandethal.jpg
par Kane publié dans : Histoires d'Ex
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