e PDG d'Europe1, Jean-Pierre Elkabbach, va créer un comité d'éthique dans son entreprise. "Un groupe d'experts va élaborer
une charte rigoureuse pour la rédaction sur le modèle du New York Times", explique-t-il dans une interview au style plutôt moralisateur à La Croix.
Dans cet entretien, Jean-Pierre Elkabbach brocarde tout à la fois les sites Internet qui "lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées", et qui "abusent" parfois les rédactions "sérieuses", prises dans l'engrenage de "l'hypersensibilité et l'hyperréactivité à toutes les nouvelles, vraies ou fausses".
(...)
Lu sur Libération.fr , le 22 Avril de cette année
Bien que je sois probablement l'un des smicards les plus particulièrement dépensiers de son temps, mais cela ne durera
pas (pas le fait que je sois dépensier, le fait que je sois smicard), ces dépenses sont rarement à proprement parler de « consommation ».
Du moins, en dehors de mes commandes frénétiques de café qui doivent de par leur seul poids lourdement peser dans l'aspect déficitaire de la balance commerciale de la France.
Désolé.
En effet, je ne dépense que très rarement pour des achats de « biens », comprenez, quelque chose de concret que je puisse stocker sur mes étagères et devant lesquelles je pourrais
bomber le torse en disant à mes amis médusés « vous avez vu ? C'est du Louis XV ! »
... Vu que l'on me ferait passer une casserole Ikéa en papier maché pour une oeuvre d'art du 17ème, ce n'est pas plus mal, dans le fond.
Pour ce qui est des habits, et au risque de me répeter, c'est pareil. Je ne m'achète qu'environ 2 polos par an (toujours trop grands) et 1 jean (toujours trop petit, mais il est toujours
difficile d'anticiper avec justesse l'évolution de son tour de ventre), ne me risquant à de réelles dépenses qu'en matière de chaussures, mais c'est surtout du au fait qu'une fois sur deux la
première paire que je m'achête se révele être un enfer pour mes pieds exclusivement après que je sois sorti du magasin, un nuage de fumée encore en train de s'échapper de la poche où a été rangée
à la va vite ma carte bleue.
Constat toujours désappointant, surtout lorsque vous étiez en train de répondre, limite condescendant, à votre brune qui s'étonnait que vous soyez passé du 45 au 44 « Tsss . Evidemment
qu'elles me vont, tu sais, les mecs n'ont aucun problème avec leurs chaussures, eux ! »
Mes pires achats sont systématiquement ceux dont je me vante.
C'en est atterant.
En quelque sorte, je ne suis donc pas ce que l'on nomme un acheteur frénétique, et je suis d'une sagesse au moment d'envisager un achat proche de celle non moins légendaire du Crédit Lyonnais au
début des années 90, qui spéculait avec parcimonie sur des valeurs honteusement foireuses.
J'ai énormément de points communs avec le Crédit Lyonnais.
... Il est toutefois un cas de figure, une sorte d'exception au principe, dans lequel, perdant toute retenue, mon portefeuille me brule les doigts au point que j'en éprouve l'impérieuse nécessité
d'en laisser couler le liquide sans modération aucune.
Non, décidément, je n'arrive pas à renoncer à mes tournures de phrases pompeuses ...
(...)
Un samedi, il y'a déjà un mois de cela.
Ayant rendu un menu-service à mon padre, qui ne comprenait par pourquoi son ordinateur ressemblait de plus en plus à une otarie tétraplégique, mais en plus lent (en même temps, on ne peut pas en
vouloir à quelqu'un qui croit qu'on puisse perdre le lecteur cd-rom sur une disquette de ne pas savoir effacer les fichiers
temporaires de Windows de temps à autre), celui-ci souhaitait ardemment me remercier de mon aide, et pour cela, m'amenait à la Fnac.
C'est ainsi que je me retrouvais heureux propriétaire d'un nouveau lecteur de DivX, ce qui me réjouit alors au plus haut point, du moins jusqu'à ce que rentré le soir venu en ma pénate, je ne
constate que ce n'était pas mon ancien lecteur qui posait problème, mais plutôt et plus surement ma contrariante tendance, à trop les laisser trainer un peu partout, à faire de mes DVD de très
impressionnantes répliques de Caen après le passage des bombardiers des Alliés, en 44.
Une phrase de 5 lignes, Montesquieu voir Descartes n'auraient pas osés.
C'est alors que je tenais le cadeau de mon père de mes mains que le trouble se manifestait. Je me mis non pas à considérer que l'on venait de m'offrir un cadeau à 40 euros , mais que l'on venait
de m'accorder le droit de dépenser 40 euros que de toute facon, je n'aurais pas à mettre dans le remplacement futur (et qui ne serait probablement jamais fait, ceci dit au passage) de mon vétuste
lecteur de DivX.
Si un jour on m'offre donc une voiture, vous pouvez êtres surs que je dépenserais 15000 euros dans l'heure. CQFD et non madame la banquière, sortez donc votre tête de ce four.
« J'ai 40 euros à dépenser ... 40 euros ... 40 euros ... Gnap , glubs ! », que je me disais, presque étourdi par le devoir impérieux que mon lecteur DivX avait fait naitre en
moi.
Le drame ne se fit pas longtemps attendre.
Alors que je pensais naivement pouvoir contrôler mon envie de dépenser au moins jusqu'au moment où assis derrière l'écran de mon boulot, je flamberais mes sous en un billet SNCF que je ne
n'utiliserais probablement jamais, je passais devant une boutique qui, la vicieuse, me fait de l'oeil depuis la première cigarette que j'ai fumé devant mon bureau à tuer les dernières secondes me
séparant du premier appel du type « L'appareil à oxygene de mon père doit mal marcher, il est tout bleu. Mon père. »
C'est une boutique de voitures/trains miniatures.
Et depuis 3 ans, je passe devant, mes yeux lechant la vitrine avec la même volupté que ne le font les yeux d'un habitant de Neuilly avec la vitrine du Hédiard de Passy, salivant à l'extrême sur
la voiture miniature de mon pilote de formule 1 favori, ce dont je suis désolé pour lui parce que depuis que je le soutient, il accumule les infortunes les plus diverses et variées.
C'est bien simple, la seule course qu'il ait jamais gagnée s'est produite le jour où j'avais décidé de ne pas regarder le Grand-Prix.
(...)
« Bonjour, j'aurais une demande un peu farfelue à vous soumettre . »
Ne sont pas nombreux les commercants a pouvoir témoigner avoir entendu un client s'exprimer en pareils termes.
Ils sont essentiellement regroupés à Toulouse.
« Vous avez en vitrine une miniature de Formule 1 sur laquelle je louche depuis 3 ans. C'est la voiture de Jenson Button, et je doute qu'il y'ait le moindre imbécile dans Toulouse autre
que moi pour s'y intéresser. Je vous l'achète, mais à 40 euros. Ca vous va ? »
C'est une chance que les vendeurs de boutiques miniatures n'aient pas un bouton « Appel urgent hopital psychiatrique » sous le comptoir.
« Mais ... elle est proposée à combien, là ?
- Euh ... 70 euros. »
Le vendeur lance un regard amusé à son collègue, qui a tant ouvrir la bouche risque d'avaler un éléphant, pour peu que ces derniers ne volent dans le ciel Toulousain, evidemment.
« Vous savez quoi ? Je vous la vends à ce prix si vous êtes capable de me dire de quelle année elle date. » me répond t-il, visiblement persuadé de m'avoir renvoyé dans les
cordes.
Le naïf.
« Pas de problème. Il y'a le numéro 3 sur sa carrosserie, donc cela signifie que l'année précédente avait été une très bonne saison pour son écurie. La seule année ayant été bonne pour
son écurie étant 2004, la miniature est celle de la formule 1 ayant courue pour la saison 2005. »
(...)
3 heures après, la formule 1 cru 2005 de Jenson Button tronait sur mon étagère.
Et 5 minutes plus tard encore, j'étais en train de manier dangereusement la super glue, l'aileron de la voiture ayant mal supporté la chute du Code Civil posé en équilibre à coté de la voiture
...
J'ai toujours eu horreur de la cantine.
Elle est d'ailleurs à l'origine de l'un de mes premiers souvenirs dans la catégorie « traumatisme qui me fait hérisser le poil dès que j'y repense ». La cantine de ma maternelle (oui, je peux
très bien me souvenir de la maternelle sans pour autant penser à régler mes impots sur le revenu avant la mi-Septembre) avait servi un plat tellement immonde (genre variante de l'endive au
jambon, mais en bouillie) qu'en sortant de table, j'en avais, passablement irrité, décidé d'être odieux avec le premier abruti qui vienne me titiller sur la couleur de mon tricycle (j'habitais
alors une banlieue de Paris très bourge aux maternelles très cossues).
Manque de bol, c'était alors mon père, qui avait consacré toute sa pause de midi à traverser Paris pour venir me voir, qui avait écopé.
Inutile de dire qu'il n'a par conséquent plus jamais consacré sa pause à traverser Paris pour venir me voir depuis ce jour là.
Puisqu'on parle du Padre, je tiens à évoquer un point qui me tient particulièrement à coeur avec les parents qui lisent ce blog, les futurs parents ou ceux qui le sont et qui ne le savent pas
encore.
J'ai toujours la peur de voir débarquer une ex suivie d'un gamin se ramassant sur la dernière marche de mon escalier.
Un point je disais, donc , que je voulais évoquer. Bougres de parents, comment voulez vous qu'un enfant normalement constitué, et à fortiori mais c'est un exemple, gaucher inversé à tendance
droitier maladroit, puisse apprécier la cantine, lorsque vous usez de l'inscription à cette dernière comme d'une menace si « le carnet n'est pas terrible » ? Hein ?
D'ailleurs, la notion de carnet pas terrible me semble trop vague pour être honnête.
C'est pourquoi j'irais en appel mais un peu tard contre cette décision de m'avoir inscrit à la cantine au CE1.
Question de principe.
La cantine, c'est bien simple, j'y repense chaque fois que passant à proximité d'une forme marron tendance jaunatre, voir même que je passe en plein dedans ce qui est toujours désagréable surtout
lorsque c'est le jour où je porte des tongs, l'odeur émanant de la substance à terre (ou de mes doigts de pieds, donc) arrive à mes narines.
Je viens de comprendre l'origine de l'expression « un souvenir cuisant ».
Le problème avec la cantine, ce n'est pas que l'on vous y servait de la merde : mais c'est aussi que l'on vous obligeait de la manger. C'est en effet entre ces tables octogonales, sur lesquelles
tronaient des carafes dans lesquelles un crétin avait toujours mis du sel/du poivre/du pain voir les 3, que circulaient les pires tortionnaires que l'éducation nationale ait jamais enfantée: les
surveillants de cantine.
On a tous le souvenir d'un surveillant de cantine qui nous a obligé à finir un steak au gras/un gras au steak quelque part dans notre tête.
Du moins ca m'arrange de le penser, cela me ferait mal d'être le seul à avoir subi les violences alimentaires répétées des sbires des pires cuisiniers que l'on ait vu depuis ceux travaillant chez
Flunch.
... Brune est fan de Flunch.
Beuh.
Il n'y a qu'un souvenir lié à la cantine qui me fasse gentiment sourire. Enfin deux si on prend en compte la fois où au lycée, alors que ma toute nouvelle copine rigolait de moi en disant que
j'avais aucune chance de découvrir son nom un jour, son nom clignotait derrière elle sur l'écran de contrôle de présence de la cantine. Mais donc, le seul souvenir véritablement potable qu'il me
reste de la cantine, ce sont ces verres.
Mais oui ! Ces verres duralex, dans lesquels tous les gamins se sont amusés à lire leur age en ricanant de celui qui avait un age inférieur au sien, même que maintenant dans la vraie vie, c'est
l'inverse !
Ces verres étaient donc l'une des rares raisons valables de se poiler à la cantine, même entouré d'endives au jambon. Eh bien quand je vois que l'entreprise Duralex fait faillite, je me dis que
franchement, l'avenir s'annonce pas rose pour nos (futurs) bambins, tiens.
M'enfin, m'en fous, je veux pas de gamin, alors hein ...
Ps personnel : Eric, ce texte date de 2008, j'ai eu le temps de changer d'avis et ce n'est pas parce que tu lis ces lignes que tu n'aurais jamais du voir (je croyais légitimement qu'en
2020, internet serait démodé) que tu échapperas à la cantine.
Non mais tu as vu ton carnet de note ? Hein ?
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Et également
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(1000 visiteurs tellement accidentels que c'en est scandaleux/jour)

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